Face à lépidémie de Covid-19, aux conséquences inédites « depuis la Seconde Guerre mondiale » selon Bercy, le gouvernement sapprête à déclarer létat durgence sanitaire et économique. Pour ce faire un projet de loi va être discuté ce 19 mars au Sénat puis demain à lAssemblée nationale. Il est composé dune dizaine darticles au périmètre vaste allant du report du second tour des élections municipales aux mesures de soutien des entreprises, en passant par la possibilité de limiter « la liberté daller et venir, la liberté dentreprendre et la liberté de réunion ».
Ainsi, le volet durgence économique vise notamment à permettre à lexécutif de prendre par ordonnance dans un délai de 3 mois « toute mesure [ ] relevant du domaine de la loi afin de faire face aux conséquences économiques, financières et sociales de la propagation du virus covid-19 [ ] et notamment de prévenir et limiter la cessation dactivité des personnes physiques et morales exerçant une activité économique et ses incidences sur lemploi ». De fait, nombreuses dispositions, si elles sont actées, vont avoir un impact direct sur les salariés.
Le chômage partiel pour éviter les licenciements économiques
Suite au fort ralentissement de lactivité économique et aux mesures de confinement, 21 000 entreprises ont fait une demande de chômage partiel pour 400 000 salariés, daprès les derniers chiffres communiqués ce 19 mars par Muriel Pénicaud, la ministre du Travail. A terme, ce sont 2 millions de salariés qui pourraient être concernés, prévoit-elle. Déjà possible, ce recours au chômage partiel financé par lEtat a été étendu depuis lépidémie, avec un dédommagement accru pour les entreprises qui doivent verser à leur salarié 84% de leur rémunération (100% s'ils sont au SMIC).
Le projet de loi acte ce soutien financier « en facilitant et en renforçant le recours à lactivité partielle ». Afin déviter les licenciements, il permet ainsi à lexécutif détendre le chômage partiel « à de nouvelles catégories de bénéficiaires, en réduisant, pour les salariés, le reste à charge pour lemployeur ». Le projet de loi permet aussi délargir ce dispositif aux indépendants et ainsi limiter « la perte de revenu ».
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Congés payés imposés
Toujours dans lobjectif de permettre aux entreprises de sadapter à la chute de leur chiffre d'affaires, les mesures durgence économique ouvrent la possibilité aux employeurs dimposer ou de modifier « unilatéralement » les dates de congés payés, les RTT et autres jours de repos pris par leurs salariés.
De plus, les structures jugées indispensables « à la sécurité de la nation ou à la continuité de la vie économique et sociale » pourront déroger au repos hebdomadaire et, de fait, rester notamment ouvertes le dimanche.
Les règles dindemnités de congés maladie pourront aussi être adaptées « en cas de risque sanitaire grave et exceptionnel ». Plus précisément, est visé ici le complément de salaire versé par lemployeur à son employé malade après un an dancienneté dans lentreprise.
Versement décalé de lintéressement
Enfin, les salariés éligibles pourraient devoir patienter davantage avant de recevoir leurs éventuelles primes dintéressement et de participation. Le gouvernement sera en mesure de « modifier, à titre exceptionnel, les dates limites et les modalités » de versement de cette épargne salariale.
La garde denfants facilitée
Pour permettre aux parents de se rendre au travail en cas de fermeture des écoles, le texte permet à « titre exceptionnel et temporaire » daugmenter le nombre denfants que peuvent garder les assistants maternels. Celui-ci est actuellement, hors dérogation, plafonné à 4 enfants accueillis simultanément.

















