En juillet, sa nouvelle PDG Marie-Ange Debon avait dévoilé son plan stratégique à horizon 2031 pour faire face à ces changements d'habitude des Français : La Poste mise sur plus de colis et d'assurances, et moins de courriers voire de bureaux.
De fait, au premier semestre 2026, les volumes de colis distribués en France et à l'international par le groupe progressent de 7,4%, soutenus par la filiale internationale Geopost (+7,9%) et Colissimo (+5%). L'activité colis représente 53% du chiffre d'affaires du groupe.
La Banque postale (LBP) a enregistré, quant à elle, un bénéfice net en hausse de 3,4% au premier semestre, à 859 millions d'euros, largement apporté par sa filiale CNP Assurances.
Cette dernière, filiale à 100% depuis juin 2022, affiche toujours une santé financière solide, avec 713 millions de bénéfice net sur la première moitié de l'année.
La Poste a réalisé au total au premier semestre un bénéfice de 457 millions d'euros.
Cependant, des dépréciations d'actifs dans l'e-commerce et les activités de santé et autonomie font chuter son bénéfice de 36,5%, qui aurait été sinon en croissance de 20,1%.
Le chiffre d'affaires du groupe s'établit à 17,5 milliards d'euros, soit une hausse de 3,3%.
Ces « bons résultats [...] confirment la robustesse de notre modèle multimétier », a déclaré la PDG du groupe Marie-Ange Debon dans un communiqué.
« Un poids financier considérable »
Le groupe public a perdu 7 milliards d'euros de revenus sur les dix dernières années en raison de la baisse drastique du courrier. En 2008, les Français ont envoyé 17,6 milliards de plis, un chiffre qui est tombé à 5,7 milliards en 2024.
Il est difficile pour le groupe public de se maintenir à l'équilibre alors que l'Etat lui confie quatre missions de service public, toutes déficitaires.
La Poste doit distribuer le courrier et la presse, contribuer à l'aménagement du territoire notamment grâce à ses bureaux de poste, et permettre l'accessibilité bancaire.
Or, l'Etat ne compense pas ces missions à hauteur de ce qu'elles coûtent au groupe. Ces compensations ont tendance à augmenter mais les missions de service public sont de plus en plus chères.
Par exemple, l'Etat versait à La Poste 634 millions d'euros en 2017 pour ces missions contre plus d'un milliard en 2024, peut-on lire dans le dernier avenant du contrat d'entreprise 2026-2030 entre l'Etat et La Poste que l'AFP a consulté.
Mais les Français envoient de moins en moins de courrier et fréquentent moins assidûment les bureaux de poste (800.000 visites par jour en 2024 contre 2 millions en 2008).
Ainsi, ces missions « engendrent un déficit annuel de 2 milliards d'euros dans les comptes » du groupe et même si « les compensations publiques couvrent la moitié de ce déficit », cette charge représente pour l'entreprise « un poids financier considérable », selon ce même document.
Pour faire face à ces changements d'habitude remettant en cause son métier historique, La Poste s'est diversifiée au fil des années.
Aujourd'hui, son activité se concentre autour de quatre branches principales : les services (dont la distribution de repas à domicile), le courrier et les colis (Colissimo); Geopost, filiale de colis à l'international; la Banque postale (dont CNP Assurances) et le grand public (bureaux de poste) et numérique.
Dans un rapport présenté en commission des finances de l'Assemblée nationale en juillet, les députés Jacques Oberti (PS) et Jean-René Cazeneuve (EPR) avaient alerté sur la « viabilité de l'entreprise qui pourrait être remise en cause », pointant la réduction des « capacités d'investissement et de transformation du groupe », confronté à des « concurrents puissants » comme Amazon et à l'effondrement des volumes de courriers.
















