Budget « réversible »
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis un budget avec des mesures qui seront « pour beaucoup, réversibles par la nouvelle majorité qui sortira des urnes » après l'élection présidentielle. Elles seront « difficiles » mais pas « brutales », a-t-il promis.
Croissance prévue à 1%, déficit inférieur à 5,1%
Le gouvernement n'a pas encore fixé officiellement de cible de déficit pour 2027. Mais le ministre des Comptes publics David Amiel a souligné qu'il ne pourrait pas être « pire que celui de 2025 », de 5,1%. « Je rejoins cette ambition » d'un déficit inférieur à 5,1%, a souligné le ministre de l'Economie Roland Lescure.
L'équation est compliquée par les mauvais chiffres de la croissance. Le gouvernement prévoit 0,5% cette année et a fixé vendredi un objectif de 1% pour l'an prochain, « acte 1 du budget », selon Roland Lescure.
Effort de 30 milliards d'euros, sans hausse d'impôts
M. Lescure a évoqué un « effort » de l'« ordre » de 30 milliards d'euros d'économies, « essentiellement sur les dépenses » pour « préserver le pouvoir d'achat et donc ne pas augmenter les impôts », même si « on peut toiletter ici ou là des niches fiscales ». Sébastien Lecornu a réaffirmé à plusieurs reprises que le gouvernement ne proposerait aucune hausse d'impôts.
La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a indiqué dimanche que l'exécutif ne proposerait pas de « gel » du barème de l'impôt sur le revenu, qui générerait mécaniquement une hausse d'impôts, mais que celui-ci serait indexé sur l'inflation.
Coup de frein sur les dépenses
En 2027, l'effort devra porter en particulier sur les dépenses de l'Etat, qui continueront d'augmenter, mais moins que l'inflation, comme prévu par le projet de dépenses du gouvernement publié mi-juillet.
Seront préservés des coupes budgétaires : la Défense (+6,4 milliards d'euros), la Justice (+400 millions), l'Intérieur (+600 millions), mais aussi l'Education (+800 millions), la Recherche (+500 millions), l'Ecologie (+1,1 milliard), ou encore les politiques du logement social et de l'apprentissage.
En revanche, seraient en baisse les budgets de la mission « travail », de l'aide publique au développement et des missions « agriculture » et « santé », selon le document de juillet.
Mise à contribution des retraités
L'exécutif envisage de mettre à contribution les retraités à hauteur de 6 milliards d'euros. Il étudie la piste d'une désindexation des pensions les plus élevées par rapport à l'inflation.
David Amiel a prévenu vendredi que toute indexation des retraites serait financée, en proportion, par la suppression partielle voire totale de l'abattement de 10% sur les pensions et rentes dont bénéficient les retraités. Mais « les retraités ne porteront pas l'effort central de ce budget », a assuré Maud Bregeon. Le Premier ministre a confié à trois ministres le soin de consulter les groupes politiques au Parlement à ce sujet.
Budget : « pas illogique de faire appel à un effort des retraités », selon Farandou
Et des plus fortunés ?
Parmi les autres pistes étudiées, David Amiel a proposé au Premier ministre « des réformes de certaines niches fiscales qui bénéficient uniquement aux plus fortunés », a-t-il dit sans davantage de précision.
Surtaxe sur les grandes entreprises diminuée
Le gouvernement a annoncé la reconduction pour une troisième année de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises. Mais le Premier ministre a promis aux grandes entreprises de baisser cette surtaxe.
Toujours pour les entreprises, Roland Lescure a promis que ni le crédit d'impôt recherche (CIR) ni le pacte Dutreil, qui permet un fort abattement dans le cadre des transmissions familiales, ne seraient touchés. Un « pacte Papin » sera créé pour faciliter la transmission des PME aux salariés.
Mesures pour les donations
Le gouvernement va proposer dans le budget des mesures temporaires pour favoriser les donations familiales, afin de « faire circuler l'argent au moment où il est le plus utile ». La principale disposition consistera à relever de 31 865 à 50 000 euros le plafond des sommes exonérées de taxation au titre d'un don familial de sommes d'argent.



















