En 2024, 67% des véhicules particuliers neufs immatriculés au nom de personnes physiques ont été financés via une location avec option d'achat, LOA ou location de longue durée, LLD.
Des contrats prisés dans un contexte où le prix des véhicules neufs a évolué plus vite que les revenus. Ils ont par ailleurs l'avantage d'avoir des mensualités mécaniquement plus faibles que celles d'un crédit, puisqu'ils financent l'usage et non l'achat du véhicule.
Ils cachent toutefois des risques méconnus par la plupart des souscripteurs, pointe l'UFC-Que Choisir, qui a publié une étude sur le leasing automobile « fondée sur une enquête auprès de 1 285 consommateurs et près de 1 000 témoignages de litiges ».
LOA et LLD, quelle différence ?
La LOA consiste à louer le véhicule tout en ayant la possibilité de l'acquérir, en levant l'option d'achat en fin de contrat. « Juridiquement, la LOA est généralement traitée comme un crédit à la consommation, car elle permet au consommateur d'acquérir le bien à terme, selon des conditions prédéterminées », indique l'UFC Que Choisir. La LLD est un contrat de location qui permet de disposer de la voiture sur plusieurs années, mais sans possibilité de l'acheter.
« La nouvelle directive européenne sur le crédit à la consommation, dont la transposition entre en vigueur en novembre 2026, va renforcer l'encadrement de la LOA. Mais la LLD, elle, reste hors du champ du crédit à la consommation, sans socle de protection équivalent », regrette l'UFC Que Choisir.
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Des mensualités trompeuses
Premier reproche lors de la présentation du contrat, avec des mensualités « attractives ». Or elles cachent d'autres coûts. « Le loyer affiché exclut systématiquement des postes pourtant incontournables, l'assurance automobile obligatoire, les pneumatiques (souvent à la charge du locataire), et selon les contrats, tout ou partie des frais d'entretien », pointe l'association. Ces frais peuvent représenter plusieurs dizaines d'euros supplémentaires chaque mois, selon elle.
Par ailleurs, l'apport, souvent versé lors du premier loyer, permet de réduire les mensualités « artificiellement » et « cet argent est, dans la plupart des cas, perdu : si le contrat s'arrête, il n'est pas récupéré ».
Des frais de restitution contestés
Autres reproches : « Certains contrats prévoient explicitement que les loyers continuent de courir même quand le véhicule est immobilisé en cas de panne. Et dès qu'un accident de la vie survient, perte d'emploi, séparation, maladie, décès, sortir du contrat relève du parcours du combattant ».
Lors de l'étape de la restitution, des frais de restitution peuvent aussi être appliqués. « Pendant plusieurs années, la mensualité donne l'illusion d'un budget maîtrisé, mais à la sortie, le consommateur découvre que le coût final dépend largement de critères techniques et d'appréciations parfois contestables : l'état du véhicule, le respect du kilométrage contractuel et, plus largement, la conformité aux obligations d'entretien et d'usage ».
Un quart des locataires interrogés par l'association ont subi des frais de restitution contestés, pour 1 200 euros en moyenne.
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