Déficit à 5% en 2026
« Conformément à l'engagement du gouvernement, le déficit public sera de 5% en 2026, contre 5,4% en 2025 », a écrit le Premier ministre aux parlementaires. Sébastien Lecornu parle du « redressement des comptes publics » comme d'une « priorité avec laquelle il n'est pas possible de transiger ».
Ce déficit est chiffré pour l'État à 131,9 milliards d'euros, quasi stable par rapport à 2025, et réduit de plus de 30 milliards d'euros par rapport à 2024.
Tour de vis sur les dépenses
Selon le Premier ministre, la croissance des dépenses publiques (État, collectivités et Sécurité sociale confondues) « ralentit ». Elles n'augmenteront que de 0,8% en volume en 2026, « après 1,7% en 2025 et 2,1% en 2024 ».
« Les dépenses de l'État baisseront en valeur, hors ministères régaliens » (Armées, Éducation, Intérieur et Justice, mais aussi Agriculture), se félicite M. Lecornu.
Le détail de ces dépenses sera communiqué ultérieurement, lorsque le gouvernement engagera sa responsabilité sur ce volet du budget, vendredi.
En présentant son projet de loi de finances en octobre, le gouvernement envisageait une hausse des dépenses de l'État de 20 milliards d'euros.
365,5 milliards d'euros de recettes
Le Premier ministre voulait ne pas augmenter la pression fiscale. Il dit y être parvenu, au terme d'âpres débats parlementaires : « Le taux de prélèvements obligatoires demeurera inchangé par rapport au texte initial et s'établira à 43,9%, en baisse par rapport à 2019 » (avant la pandémie de Covid-19).
Le total des recettes est de 365,5 milliards d'euros, dont 99,8 milliards d'euros d'impôt sur le revenu et 63,5 milliards d'euros d'impôt sur les sociétés.
L'effort demandé aux entreprises
La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), que le gouvernement promettait d'alléger de 1,3 milliard d'euros en 2026, est maintenue telle quelle, au grand dam du patronat. Elle doit rapporter 4,0 milliards d'euros.
Une contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises est maintenue, surtaxe d'impôt sur les sociétés qui vise des multinationales et qui concernera environ 300 entreprises en 2026. Elle est censée rapporter 7,3 milliards d'euros cette année, selon le tableau des recettes établi par le gouvernement.
La contribution exceptionnelle s'appliquera aux entreprises ayant un chiffre d'affaires d'au moins 1,5 milliard d'euros, c'est-à-dire que les entreprises de taille intermédiaire (ETI) sont épargnées.
LVMH a estimé à quelque 700 millions d'euros sa « contribution » en 2025, Vinci à 400 millions, Safran entre 380 et 400 millions, L'Oréal à « un peu plus de 250 millions », Hermès et Airbus à environ 300 millions chacun, Engie et Bouygues à 100 millions chacun.
TotalEnergies n'a pas été en mesure de communiquer une estimation, ses chiffres fiscaux de 2025 devant encore être consolidés. En février 2025, son PDG Patrick Pouyanné avait avancé que son groupe devrait y échapper, en raison du fort recul de son activité de raffinage en France en 2024, qui devait réduire à un montant nul ou faible son impôt sur les sociétés.
En outre, les biens personnels qui ne concernent pas « exclusivement » l'activité professionnelle sont exclus du pacte Dutreil sur les transmissions d'entreprises, selon le tableau des recettes.
Les hauts revenus pas épargnés
La contribution différentielle sur les plus hauts revenus (CDHR), instaurée en 2025, sera prolongée jusqu'à ce que le déficit passe sous la barre des 3% du produit intérieur brut (PIB).
Cette taxe fixe un taux minimal d'imposition de 20% pour les ménages dont les revenus dépassent 250.000 euros par an pour un célibataire, et 500.000 euros pour un couple. Le gain espéré est de 1,5 milliard d'euros en 2026.
Les retraités, eux, conservent pour l'instant leur abattement de 10% sur l'impôt sur le revenu. Et toutes les tranches d'impôt sur le revenu seront finalement indexées sur l'inflation.
Mesures spécifiques
Matignon avance plusieurs mesures qui prouveraient qu'« il ne s'agit pas d'un budget technique sans cap mais bien d'un budget qui comprend des priorités politiques claires ».
Il invoque la hausse de la prime d'activité, versée par la CAF, pour trois millions de ménages aux revenus modestes (« en moyenne de 50 euros par mois »), mesure qui coûtera quelque 700 millions d'euros en 2026, et la revalorisation de « l'ensemble des prestations sociales ». Le dispositif MaPrimeRenov, pour rénover les logements énergivores, est maintenu.
Le Fonds vert, destiné aux projets de transition écologique des collectivités, « verra son budget augmenter de 200 millions d'euros ».
« Face aux menaces extérieures », le Parlement a voté un « effort de plus de 6 milliards d'euros supplémentaires » pour les armées.










