En 2022, les hackers auraient déjà dérobé pour près de 1,9 milliard de dollars en cryptomonnaies, selon un rapport de la société Chainalysis. C'est 60% de plus que l'an dernier. La bonne nouvelle, c'est que des solutions existent pour stocker vos cryptomonnaies en sécurité. Mais toutes ne se valent pas.

La sécurité constitue aujourd'hui un défi majeur pour l'écosystème crypto et ses utilisateurs. Et malgré toutes les précautions des « exchanges », ces plateformes sur lesquelles vous pouvez acheter, vendre ou conserver vos cryptomonnaies, pas un trimestre ne passe sans qu'un nouveau hack ne soit à déplorer.

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7 000 bitcoins piratés

Même les poids-lourds du secteur ne sont pas épargnés. En mai 2019, la plateforme Binance, qui revendique à ce jour plus de 90 millions de clients, avait subi une attaque dévastatrice. En l'espace de quelques instants, les hackers s'étaient emparés de plus de 7 000 bitcoins, pour un montant total d'environ 40 millions de dollars.

« Au-delà des risques de piratage, les cryptomonnaies représentent un changement de paradigme : vous pouvez aujourd'hui devenir possesseur de vos valeurs, sans devoir demander la permission à votre banque », indique Charles Guillemet, CTO de Ledger, leader sur la sécurité pour les actifs numériques et le Web 3.

« Toutefois, lorsque vous laissez vos cryptomonnaies sur un exchange, vous restez dans un système centralisé. Avec la possibilité que l'exchange bloque vos fonds, ou qu'un dirigeant peu scrupuleux parte avec la caisse », poursuit Charles Guillemet.

Résultat ? Que ce soit pour protéger leurs actifs ou pour conserver leur indépendance, les détenteurs de cryptomonnaies sont chaque jour plus nombreux à créer un « wallet », c'est-à-dire un portefeuille pour stocker leurs coins.

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Protéger votre clé privée

« Lorsque vous possédez des cryptomonnaies, vos coins ne sont pas dans votre portefeuille numérique. Ils sont stockés dans la blockchain. Et pour les utiliser, faire des transactions, vous devez pouvoir prouver que vous en êtes propriétaire », explique Charles Guillemet.

Pour cela, on utilise un mécanisme de cryptographie asymétrique avec deux clés. Une clé publique, qui vous permet de recevoir des cryptomonnaies sur votre wallet, et une clé privée, qui vous permet d'en dépenser en validant les transactions sortantes.

« Quiconque a la connaissance de votre clé privée peut se faire passer pour vous et initier des transactions vers d'autres wallets », prévient Charles Guillemet. Pire : si vous perdez votre clé privée, vous ne pourrez plus accéder à votre wallet et vos cryptomonnaies seront perdues. Un phénomène qui n'a rien d'anodin, puisque selon Chainalysis entre 16,4% et 22,4% des bitcoins existants sont aujourd'hui introuvables.

Le vrai défi consiste à conserver cette clé à l'abri des attaquants, sans prendre le risque de la perdre et sans entraver votre usage au quotidien. Pour cela, il existe trois solutions, avec chacune leurs avantages et leurs inconvénients.

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1. Les « hot wallets »

Les « hot wallets » sont des applications que vous pouvez installer sur votre ordinateur ou votre téléphone. Ils permettent de stocker vos cryptomonnaies en ligne et d'y accéder depuis votre appareil. Parmi les plus connus, on peut citer MetaMask, Coinbase Wallet et Trust Wallet.

Le gros avantage, c'est qu'il s'agit d'une solution simple d'utilisation. Une fois votre compte créé, un simple mot de passe suffit pour vous connecter. Et vous pouvez ensuite facilement acheter, vendre et payer en crypto.

En revanche, ce n'est pas l'option la plus sécurisée. « Votre ordinateur et votre téléphone sont connectés à Internet, ce qui les rend vulnérables », rappelle Charles Guillemet. Et si on vous pirate votre mot de passe, vous risquez de tout perdre.

Voilà pourquoi les hot wallets sont surtout intéressants pour les traders qui effectuent des transactions quotidiennement sur les exchanges et ont besoin d'un accès rapide à leurs cryptomonnaies. Mais attention à ne pas conserver des quantités importantes de crypto à long terme sur ce type de wallet.

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2. Les « cold wallets »

Deuxième option : stocker vos cryptomonnaies dans un portefeuille physique, aussi appelé « cold wallet » ou « hardware wallet ». Concrètement, cette solution prend la forme d'un petit objet qui ressemble à une clé USB et sur lequel vous pouvez stocker votre clé privée en toute sécurité.

La principale caractéristique des cold wallets est qu'ils ne sont pas connectés à internet, ce qui rend le piratage de votre clé privée virtuellement impossible. Mais cette sécurité a un prix. Ledger propose par exemple deux hardware wallets : le Ledger Nano S Plus (79 euros) et le Ledger Nano X (149 euros).

Cette solution reste toutefois la plus sûre. Pour dérober vos actifs, les pirates devraient entrer chez vous, voler votre portefeuille physique, et connaître le code chiffré pour le déverrouiller. Et même si vous perdez ou cassez votre appareil, il vous sera possible de restaurer votre wallet sur un autre dispositif à l'aide d'une phrase secrète de 24 mots.

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3. Les « paper wallets »

La dernière option est aussi la plus rudimentaire. Après tout, quoi de plus difficile à hacker qu'un bon vieux bout de papier ? Si vous souhaitez conserver vos cryptos à l'abri des pirates, vous pouvez générer une clé publique et une clé privée sur le site BitcoinPaperWallet.com, puis les imprimer sur une feuille de papier.

L'avantage, c'est que cette méthode ne coûte pas un centime. Et que vous serez totalement à l'abri des attaques en ligne. Cela dit, les paper wallets ne sont pas sans risque. Si vous perdez ce papier ou qu'on vous le dérobe, vous perdez toute possibilité d'accéder à vos cryptomonnaies.

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