Epsor, spécialiste de l'épargne salariale et de la retraite, a analysé 814 fonds d'investissements afin d'identifier ceux qui répondent le mieux aux enjeux environnementaux. Mauvaise nouvelle pour les épargnants, l'étude montre que ces fonds sont peu nombreux à être réellement engagés dans la transition écologique.

Les fonds d'investissement responsable sont-ils vraiments verts ? Epsor, une société spécialisée dans l'épargne salariale, vient de passer au tamis 814 fonds actions. Et les résultats de son étude publiée mi-mai interrogent. Il ressort ainsi que 53% des entreprises investies sont communes entre les fonds labellisés, c'est-à-dire verdis grâce aux certifications ISR (Investissement socialement responsable), Finansol ou autre label Greenfin, et les fonds non labellisés. Si certaines de ces entreprises sont reconnues pour leur engagement (Schneider Electric pour son activité ou LVMH pour sa politique RSE) et sont plébiscitées par tous les types de fonds, la présence d'autres entreprises qui composent à la fois les fonds labellisés et les fonds non labellisés posent question. Ainsi, TotalEnergies se retrouve dans 19% des fonds labellisés et 20% des non certifiés !

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« Les fonds labellisés investissent 27% de moins dans les énergies fossiles que les fonds non labellisés. Mais il demeure que 80% des fonds labellisés de l'étude possèdent au moins une entreprise en portefeuille en lien avec ce secteur controversé », précisent les auteurs de l'enquête. Résultat, à peine 10% des fonds scrutés sont efficacement engagés dans la transition écologique. Au global, il ressort que l'empreinte carbone des fonds labellisés est 18% plus faible que celle des fonds qui n'ont pas la certification d'un label.

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Les limites du label ISR

A l'appui de ces chiffres, Julien Niquet, président d'Epsor, fait le constat que « le label ISR est un prérequis nécessaire dans une démarche de responsabilité, mais sa méthodologie reste encore trop permissive au vu des enjeux actuels ». « Il faut rendre l'investissement responsable plus lisible et plus accessible. Il est urgent et indispensable que les pouvoirs publics encadrent mieux les standards d'épargne responsable pour garantir les intérêts des épargnants, répondre aux enjeux posés par la crise écologique, et éviter le greenwashing. Enfin, cette démarche doit s'accompagner d'une meilleure information des épargnants sur la finance responsable et les labels, encore trop méconnus du grand public », précise le président d'Epsor.

En effet, alors moins de 10% des épargnants investissement une partie de leur économies sur des fonds labellisés. Pourtant, ils sont près de 6 sur 10 à juger jugent important les impacts environnementaux et sociaux des produits financiers.

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Des fonds plus vertueux

Hasard du calendrier, la Banque centrale européenne vient de faire savoir aussi qu'elle s'inquiète des risques de greenwashing pour la stabilité financière et propose la mise en place de standards communs pour la finance verte.

Pour le président d'Epsor, un épargnant attaché à un impact positif de ses investissements devrait donc combiner les fonds à la fois labellisés et étiquetés Article 9, une nouvelle classifiaction dont les critères d'investissement durable sont beaucoup plus exigeants. Les fonds dits Article 9 ont ainsi une part d'investissement dans les entreprises impliquées dans les solutions vertes 50% plus importante que les autres fonds, constate l'étude d'Epsor.

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