Deux grandes familles de sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) cohabitent : les SCPI dites « classiques » ou « de rendement » dune part, les SCPI « fiscales » dautre part. Selon les statistiques de lassociation professionnelle du secteur, lAspim, les SCPI classiques, principalement investies dans limmobilier dentreprise, constituent près de 92% de la capitalisation des SCPI en France. Les fonds immobiliers fiscaux se partagent donc les 8% restants. Plus de la moitié de la capitalisation des SCPI fiscales est investie sur des SCPI de type Scellier ou Pinel, dont 45% sur le Scellier, dispositif dincitation fiscale ayant précédé le Duflot et le Pinel.
Comparées à linvestissement locatif en direct, les SCPI fiscales ont lavantage de permettre des mises modérées. En pariant sur une SCPI Pinel, un investisseur peut donc acheter des parts pour quelques centaines ou milliers deuros, et profiter dune réduction dimpôt équivalente à 2% du montant de souscription pendant 6 ou 9 ans (1).
Un rendement plus faible et plus aléatoire
Toutefois, comme pour les SCPI classiques, ces sociétés civiles font lobjet de frais de souscription, de cession, réglés en une fois, et de frais de gestion annuels. Or, à la différence des SCPI dentreprise, les SCPI fiscales sont investies sur des logements et affichent par conséquent des performances plus aléatoires, dune société à une autre, souvent loin des plus de 4% annuels affichés par les « SCPI de rendement ».
« Ces SCPI à vocation fiscale offrent des rendements (taux de distibution), 2 à 3 ans après leur création, qui se situent entre 1,5% à 2% hors fiscalité », juge Renaud Capelle, directeur immobilier adjoint de lUFF, banque conseil en gestion de patrimoine. A titre de comparaison, Renaud Capelle estime le rendement de limmobilier locatif en Pinel en direct à « 2,5% ou 3% brut, sans compter lavantage fiscal », lUFF commercialisant ces deux types de placement.
Des difficultés à revendre les parts
Comme pour linvestissement Pinel en direct, le propriétaire doit sengager à louer pendant une durée minimale. A défaut, il perd le bénéfice de lavantage fiscal. Il est donc nécessaire de conserver ses parts de SCPI un minimum de 6 ou 9 ans pour profiter de la réduction dimpôt Pinel.
Linvestisseur doit cependant anticiper un horizon de placement plus lointain en défiscalisant via une SCPI selon Renaud Capelle : « Une SCPI fiscale à capital fixe a une durée de vie d'environ 15 à 18 ans car, au-delà de lengagement de location, il faut prendre en compte les phases de constitution et de liquidation de son patrimoine. » L'horizon de placement doit donc « être appréhendé sur au moins 15 ans », selon le dirigeant de l'UFF, car « le marché secondaire [celui de la revente de parts, NDLR] est quasi inexistant ».
Des contraintes pas nécessairement rédhibitoires, les fonds fiscaux (FIP et FCPI) présentant par exemple le même type dinconvénients, mais dont il faut être conscient avant dinvestir.
La SCPI Malraux ou de déficit foncier parfois « mal comprise »
L'Autorité des marchés financiers (AMF) a alerté fin 2015 les particuliers sur les SCPI Malraux ou de déficit foncier. Des mécanismes qui peuvent « être mal compris des investisseurs » selon l'AMF : « En fin de vie, généralement 13 à 15 ans [après l'acquisition des biens], la plus-value est calculée sur la différence entre le prix dachat hors travaux et le prix de vente, et est imposable. En dautres termes, si les travaux qui certes ont procuré un avantage fiscal à lentrée ont permis de générer une plus-value et donc de mieux vendre le bien, cette plus-value est fiscalisée lors de la revente. » Une imposition rarement anticipée par les contribuables, faute d'information lors de l'achat de parts. L'AMF incite ainsi les portentiels investisseurs à bien se renseigner sur ces mécanismes fiscaux avant d'investir.
(1) Plus précisément une réduction dimpôt de 12%, 18% ou 21% du montant de la souscription répartie sur 6, 9 ou 12 ans. Soit léquivalent de 2% pendant 9 ans maximum, puis 1% pendant les trois années supplémentaires.
















