En février dernier, le Premier ministre Manuel Valls promettait la création prochaine dun « compte entrepreneur ». Objectif : offrir un cadre fiscal favorable aux business angels, afin que les entrepreneurs à succès soient incités à investir à leur tour dans des jeunes pousses. Le mois suivant, le projet se concrétisait, sous le nom de « compte épargne investisseur » (CEI), un projet alors porté par Emmanuel Macron.
Depuis, Emmanuel Macron a quitté le gouvernement. Face aux inquiétudes de promoteurs de lactionnariat individuel, Michel Sapin a réaffirmé, mi-septembre, qu'il allait bien « créer le Compte entrepreneur-investisseur avant la fin de lannée ». La mesure apparaît effectivement dans le collectif budgétaire de cette fin 2016, sous un nouveau nom : le Compte PME innovation, ou « CPI » pour reprendre labréviation utilisée dans lexposé du projet de loi de finances rectificative pour 2016 (1).
« Neutraliser limpôt » pendant la phase de réinvestissement
Les grandes lignes du CPI restent celles du CEI dessiné en mars dernier : un outil fiscal visant à flécher les deniers des ex-entrepreneurs vers le financement dautres entreprises. « Lécosystème français de lentrepreneuriat souffre en effet dun déficit dinvestisseurs personnes physiques capables dapporter des financements damorçage (moins de 500.000 euros) à des entreprises en création, et de les soutenir en leur apportant non seulement des capitaux mais également du temps d'accompagnement et de conseil », expose le projet de loi. Autrement dit, la France manque de business angels.
Le CPI leur permettra dy placer les parts ou actions de leur société, avant de les vendre et d'utiliser cet argent pour le réinvestir dans de jeunes PME. Le tout en neutralisant « l'impôt sur le revenu des plus-values de cessions pendant tout le cycle de cession-réinvestissement ».
Des conditions restrictives pour un public ciblé
Plus concrètement, à limage dun PEA, le CPI sera composé dun compte-titres et dun compte-espèces. A louverture, lentrepreneur-investisseur devra y déposer parts et actions de sa société. Pour cela, il devra remplir lune de ces conditions : détenir ou avoir détenu 25% des droits de vote ou droits dans les bénéfices sociaux ; détenir ou avoir détenu 10% de ces mêmes droits et avoir été salarié ou haut dirigeant de la société pendant au moins 2 ans.
Le montant de la cession permettra ensuite au titulaire du CPI dinvestir, sous conditions, dans des entreprises soumises à limpôt sur les sociétés, ou dans certains fonds communs de placement. Pour cela, lex-entrepreneur devra accompagner les sociétés concernées en y exerçant une fonction de direction, dadministrateur, de membre du conseil de surveillance, ou en étant lié par une convention daccompagnement.
La fiscalité des plus-values mobilières lors de la sortie
Le Compte PME innovation pourra être clôturé à tout moment, tout comme il sera possible d'effectuer des retraits partiels. La fiscalité applicable sera alors celle des plus-values mobilières. Elle sera calculée sur les retraits de l'année civile, pour la quote-part de plus-values comprise dans ce retrait. Principal intérêt de ce CPI, selon l'exposé des motifs de cette mesure : éviter une trop importante fiscalité au titre de lannée de la cession de l'entreprise.
Lire par ailleurs la fiscalité des plus-values mobilières
Mise à jour - La loi de finances rectificative pour 2016 a été publiée au Journal officiel du 30 décembre, dans une version incluant le Compte PME innovation, tel qu'il est décrit dans cet article.
(1) Article 21 du PLFR 2016.


















