Se sont-ils concertés ? Ces derniers jours, trois instituts de sondage (1), et les commanditaires de ces études, ont étonnamment publié des enquêtes sur des sujets très proches : « Le rapport des Français à largent et aux riches », par linstitut Odoxa, « Argent et entraide familiale, entre devoir et pouvoir », par TNS Sofres, « Les Français, lépargne et leur retraite », par lIfop et le Cecop. Les trois sondages ont été relayés dans les médias, en particulier le premier, qui estime à partir de quel revenu un Français est considéré comme « riche ». Mais ce flot détudes pointe aussi de multiples paradoxes dans la relation des Français à la richesse et à lépargne, bref, à largent en général.
Etre riche, cest mal perçu
Premier dentre eux, ce mélange dattirance et de malaise concernant la richesse. Les trois quarts des personnes interrogées par Odoxa jugent que cest une « bonne chose » de vouloir être riche, la même proportion de Français sétant fixés pour « objectif de vie » de « gagner de largent et de devenir riche ». Un cap quils valident, selon cette étude, à partir de 5.000 euros de revenu mensuel net ou d'un patrimoine de 500.000 euros.
Lattirance est affichée, mais le tabou perdure : pour 78% des sondés, être riche est « mal perçu ». Le malaise est dautant plus important lorsquil sagit de parler dépargne ou de patrimoine : près de sept Français sur dix se disent mal à laise pour livrer le montant de leurs avoirs financiers.
Il faut épargner pour la retraite, en théorie
Deuxième paradoxe : épargner pour la retraite apparaît de plus en plus comme une nécessité, cependant, une minorité de Français sy attèlent sérieusement. Ainsi, 81% des non-retraités pensent que leur pension ne leur permettra pas de « vivre correctement » selon l'Ifop. Mais seulement 29% des mêmes personnes affirment placer « régulièrement » de l'argent en vue de leurs vieux jours.
Même conclusion dans une autre étude récente : les Français épargnent trop tardivement pour préparer une dépendance éventuelle de lavis des conseillers en gestion de patrimoine. Et ils choisissent des placements qui ne sont pas les plus adaptés pour anticiper la dépendance. Paradoxe, encore, par rapport à la perte dautonomie des membres de la famille. Un tiers des Français considèrent la fin de vie de leurs proches comme « lun des événements les plus lourds à supporter financièrement » selon létude TNS Sofres sur largent et lentraide familiale. Et pourtant : « ils ne sont que 12% à anticiper cette éventualité ».
Epargne : « le beurre et l'argent du beurre »
Prendre des risques ou assurer ses arrières ? Létude Ifop-Cecop commandée par le Cercle de lépargne relève une constante quant à leurs placements : la sécurité avant tout ! Elle est citée comme priorité par 38% des Français, devant la disponibilité (35%) et le rendement (27%).
Mais lorsque le sondeur interroge le même panel sur le niveau de rémunération de lépargne, elle est jugée insuffisante à 87% ! Ce paradoxe trouve dailleurs une illustration concrète dans lactualité récente. Lassurance-vie, produit dépargne n°1 en France en termes de montant, enregistre jusquà présent en 2015 une collecte nette supérieure sur les fonds risqués (supports en unités de compte) à celle réalisée sur les supports non-risqués (fonds en euros). Dans une étude portant sur les douze principaux assureurs du marché, le régulateur du secteur, lACPR, annonçait même 68% de la collecte nette sur les unités de compte au premier trimestre 2015.
Et des clichés sur les produits bancaires
Concernant le Livret A, si souvent présenté comme le produit dépargne préféré des Français, le paradoxe nexiste pas : sa rémunération reste scotchée à 1% et la collecte nette du Livret A est à nouveau négative en mai 2015, comme lors de onze des douze derniers mois. Depuis plus dun an, lidée quil ne rapporte plus rien fait son chemin. Une idée reçue lorsque lon regarde lévolution du rendement net dinflation de ce produit dépargne réglementée. A limage de ce préjugé, cBanque va sattaquer, pendant tout lété, aux clichés sur les produits bancaires.
Cliché n°1 : « Le Livret A (ne) rapporte plus rien ! »
Le reste de lactualité en bref
Le registre national des crédits, lune des mesures phares de la loi consommation, ne verra pas le jour : le CCSF, entité liée à la Banque de France, a fait part à Michel Sapin de limpossibilité de mettre en place ce « fichier positif ».
Face à lafflux de demande de renégociation et de rachat, les banques prennent beaucoup de retard dans le traitement des dossiers de crédit immobilier.
Vous disposez dune grosse somme dargent, grâce à votre épargne ou grâce à une importante rentrée dargent ? Loccasion de réaliser, même en période de taux bas, un remboursement anticipé partiel, une opération financièrement rentable.
Créée en 2013, la Centrale de financement tente de se faire une place sur le marché du courtage en prêt immobilier. Toutefois, juge son président, Sylvain Lefèvre « à terme, il ne restera quune petite dizaine de réseaux nationaux et quelques gros acteurs régionaux ».
(1) Le sondage Odoxa a été réalisé pour FTI Consulting, Les Echos et Radio classique, létude TNS Sofres pour la Carac, et lenquête Ifop-Cecop (Centre détudes et de connaissances sur lopinion publique) pour le Cercle de lépargne.















