Le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé en septembre, une nouvelle hausse de ses taux directeurs pour lutter contre l'inflation. Le taux de la facilité de dépôt est passé de 2,25% à 2,50%. Autrement dit, les banques commerciales perçoivent 2,50% d'intérêt lorsqu'elles placent des fonds à court terme (24 heures) auprès de la BCE.

Par ailleurs, depuis cet été, les taux des obligations assimilables au Trésor (OAT) grimpent. Le rendement de ces titres de créance de la dette française garantit une rémunération fixe (un « coupon » versé une fois par an) pour une période donnée. De 3,6% en juin, ce taux a frisé 4,70% ce jeudi pour la dette à échéance 10 ans. Cette hausse s'explique par plusieurs facteurs :

  • l'inflation qui réduit dans la durée la valeur des capitaux investis, ce qui conduit les investisseurs à demander des primes de risque plus élevées ;
  • une défiance accrue des investisseurs à l'égard de la dette française en raison de la situation budgétaire et politique du pays ;
  • la concurrence pour l'épargne entre les Etats et les méga-investissements dans l'intelligence artificielle.

Ces différentes hausses ont un impact important sur les différents produits d'épargne comme le Livret A ou les autres livrets d'épargne réglementée, mais également sur les fonds en euros de l'assurance vie, les comptes à terme et les taux de crédit immobilier. Découvrez ici les gagnants et les perdants.

Livret A et autres épargnes réglementées : une bonne nouvelle... Dans quelques mois

Pour faire simple, le taux de dépôt de la BCE influence directement l'€ster, le taux de référence des prêts à court terme entre banques, qui réplique systématiquement ses évolutions. Or cet indicateur, dans une version lissée sur 6 mois, est, avec l'indice des prix à la consommation, une des deux variables prises en compte dans la formule de calcul du taux du Livret A, et par extension du LDDS et du livret d'épargne populaire (LEP).

Le Livret A pourrait ainsi atteindre 2,40% nets au 1er février prochain, contre 1,70% actuellement.

Livret A, compte à terme... Ce que la hausse des taux de la BCE va changer pour vos dépôts rémunérés

Comptes à terme : les épargnants y gagnent

La hausse des taux directeurs de la BCE impacte également les taux des comptes à terme. Suite à la dernière hausse observée en juin dernier, le taux moyen affiché par les dépôts à terme de 2 ans et moins avait rebondi, passant de 2,41% à 2,49%, selon la Banque de France.

Grâce aux hausses des taux de la BCE, une nouvelle augmentation des rendements des comptes à terme est donc possible mais concernera uniquement les nouveaux comptes. Pour ceux déjà ouverts, les taux sont fixes jusqu'à leur date d'échéance. Placement-direct.fr propose actuellement un compte à terme sur 60 mois rémunéré à 3,10%, tout comme Ramify ; Swaive affiche 3,15% et Monabanq 2,92%.

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Assurance vie : la hausse des taux est une très bonne nouvelle pour les épargnants

Parmi les grands gagnants de la hausse des taux obligataires figure le fonds en euros de l'assurance vie. Au cours des trois dernières années, le rendement moyen de ce placement garanti en capital s'est établi à 2,6%.

Ces performances s'expliquent notamment par les hausses de taux obligataires successives. Une très bonne nouvelle pour les épargnants. En effet, plus les taux obligataires sont élevés et la collecte en assurance vie importante, plus les assureurs peuvent investir dans ces obligations à plus haut rendement et donc servir une rémunération en hausse aux épargnants.

Selon France Assureurs, en moyenne en 2025, 24% des actifs détenus dans les fonds euros sont des obligations souveraines. Toutefois la part allouée à ces obligations souveraines varie selon les assureurs et les années. Ainsi, à titre d'exemple au 31 décembre 2025, 51,2% de l'actif général de Suravenir étaient investis sur des obligations d'États et majoritairement de la dette française.

Les experts estiment donc que le rendement moyen des fonds euros pourrait bondir à 2,9% en 2026, soit 2,40% net environ, après déduction des prélèvements sociaux.

Assurance vie : la hausse des taux obligataires est une bonne nouvelle pour l'épargnant

Taux de crédit immobilier, de nouvelles hausses sont à prévoir

Grand perdant de ces hausses de taux : le crédit immobilier. Depuis le début de l'année, les banques ont limité la tension obligataire dans leurs barèmes. Si les taux moyens immobiliers n'ont progressé que de +10 à +16 points de base selon les durées d'emprunt, cela pourrait évoluer avec la nouvelle hausse des taux de la BCE. En septembre, les taux moyens des banques débutent à 3,23% pour 15 ans, allant jusqu'à 3,61% pour 25 ans, selon les courtiers.

Les taux pourraient continuer de grimper au cours des prochaines semaines. Une mauvaise nouvelle pour les ménages avec un projet immobilier à court terme.

Crédit immobilier : des nouvelles hausses de taux des banques après la décision de la BCE

Une (très) mauvaise nouvelle pour les contribuables

Plus globalement, la hausse des taux d'intérêt de la dette française a aussi un impact sur l'équilibre des finances publiques. Elle alourdit le coût de la dette. La charge des intérêts pourrait atteindre 77,4 milliards d'euros cette année, selon le dernier rapport de la Cour des comptes sur la situation et les perspectives des finances publiques. Un montant bien supérieur aux 56,7 milliards de 2025 et qui s'explique notamment par la hausse des taux d'intérêt. « Une hausse durable de 50 points de base – qui est l'ampleur observée pour l'instant – des taux d'intérêts des obligations d'État entraînerait un surcoût pour l'État de 1,5 milliard d'euros la première année, 5,6 milliards d'euros la troisième année, 9,2 milliards d'euros la cinquième année et 16,0 milliards d'euros la dixième année », indique le rapport publié en juin. Sauf que depuis, le taux de l'OAT 10 ans a progressé de presque 100 points de base, passant de 3,6% à 4,5% pour l'OAT 10 ans.