Le 19 juillet dernier, en même temps quil dévoilait son intention de déroger à la formule de calcul du taux du Livret A en maintenant celui-ci à 0,75%, le gouvernement annonçait quil allait revoir cette formule, « afin de réduire [sa] volatilité ». Près de 4 mois plus tard, cette révision « sera présentée dans les prochains jours », annonce Les Echos. Le quotidien Le Monde se fait plus précis : le texte finalisé sera présenté le mercredi 9 novembre, pour avis, au Comité consultatif de la législation et de la réglementation financières.
Les contours de la nouvelle formule se révèlent peu à peu. Selon des sources proches citées par Les Echos, elle permettra de « fixer le taux du Livret A au plus près du niveau de linflation ». Actuellement, ce taux équivaut en effet théoriquement au taux dinflation hors tabac sur les 12 derniers mois, arrondi au quart de point le plus proche et augmenté dun quart de point. Ce cap de 0,25 point pourrait ainsi disparaître, ou être abaissé. Autre piste, dévoilée par Le Monde : « Le chiffre d'inflation » utilisé « sera lissé sur six mois afin d'introduire moins de volatilité (...) ».
Prévenir une hausse soudaine de linflation
En filigrane apparaît un objectif : lisser une éventuelle hausse de la rémunération du Livret A dans le scénario dun brusque retour de linflation. Dans ce cas de figure en effet, lécart entre le taux affiché par le produit dépargne réglementée et les taux de marché, qui eux resteraient à des niveaux historiquement bas, risquerait encore de se creuser. Il sagit donc « déviter que la Caisse des dépôts [qui gère le fonds dépargne, NDLR] ne se retrouve avec des ressources financières abondantes qui auraient perdu toute compétitivité face à des financements de marché plébiscités par les acteurs du logement social », développe Les Echos. Epargnants, vous voilà avertis : le taux de votre Livret A pourrait remonter moins vite quespéré.
La réforme, toutefois, nest pas pour tout de suite. Le gouvernement a déjà annoncé quelle ne serait pas mise en uvre avant la prochaine élection présidentielle, en mai 2017. Dici là, le taux sera maintenu à 0,75%. Par ailleurs, on peut dores et déjà sinterroger sur son efficacité. Lagenda politique devrait en effet continuer à simposer aux impératifs économiques. Selon Les Echos, le gouvernement conserverait la capacité de déroger, en accord avec le gouverneur de la Banque de France, à la formule de calcul, comme il le fait déjà quasi-systématiquement depuis des années.















