« Lannée 2012 a été particulièrement favorable au Livret A ( ) », constate le rapport en introduction. La collecte a en effet été la meilleure de la longue histoire du produit dépargne : 36,3 milliards deuros (intérêts capitalisés inclus), qui ont porté lencours total, fin décembre 2012, à 240,2 milliards deuros. Le taux de croissance de lencours sur 2012 sest ainsi fixé à 15,2%, contre 10,6% en 2011.
Comment expliquer ce succès ? Il y a bien sûr la hausse du plafond de versement, qui est passé le 1er octobre 2012 de 15.300 euros à 19.125 euros (puis à 22.950 le 1er janvier 2013). Mais elle nexplique pas tout. « ( ) La collecte était déjà forte avant le relèvement ( ) » note le rapport, qui propose deux autres élements dexplication. Le taux dabord, qui sest maintenu à 2,25% (net dimpôts et de cotisations sociales) tout au long de lannée 2012 : très intéressant, si on le compare aux autres placements liquides et à capital garanti ; sa sûreté ensuite : les encours sont en effet garantis par lEtat, ce qui a rassuré les épargnants dans un contexte de crise.
1,7 million de comptes ouverts en 2012
1 Français = 1 Livret A, ou presque. En 2012, le Livret A, accessible à tous y compris les mineurs, a confirmé son statut de produit dépargne universel. Le nombre de comptes ouverts a augmenté de 1,7 million au cours de lannée (2) pour atteindre 63,3 millions. Rapporté à la population française (65,8 millions), cela donne fin 2012 un impressionnant taux de détention de 96% (94,2% en 2011). Ce taux atteint même les 100% en Bretagne, dans le Centre et en Champagne-Ardennes et, encore plus fort, les surpasse en Ile-de-France (107%). Il dépasse par ailleurs les 90% dans toutes les régions françaises, à lexception de lAquitaine (88%).
La croissance du nombre de Livrets A a toutefois été légèrement inférieure à celle de 2011. Cest le résultat, estime le rapport, du « renforcement de la lutte contre la multidétention ». En effet, si la loi nautorise la détention que dun seul Livret A par personne, de nombreux Français, souvent sans le savoir, en possèdent plusieurs. Le phénomène, ancien, a encore été accentué, en 2009, par la généralisation de la distribution du Livret A, obligeant les pouvoirs publics à mettre en place, depuis le 1er janvier 2013, un contrôle préalable à louverture. Il est donc probable qu'il y ait une moindre croissance du nombre de comptes en 2013.
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Un encours moyen de 3.796 euros
Lencours moyen des Livrets A a progressé de 446 euros entre 2011 et 2012, de 3.350 à 3.796 euros. Toutefois, cette moyenne masque toujours de très fortes disparités. Près de la moitié (45,6%) des comptes ont un solde inférieur ou égal à 150 euros : un pourcentage important mais qui a tendance à diminuer (46,6% en 2011, 52,5% en 2008). Ces « petits » Livrets A, dont le solde moyen est de 28,3 euros, ne représentent que 0,3% de lencours total. Ce sont pourtant ceux qui enregistrent, de loin, le plus grand nombre de mouvements, ce qui confirme que de nombreux usagers continuent à utiliser leur Livret A comme un compte courant.
De lautre côté du spectre, le pourcentage des Livrets A dont le solde dépasse les 15.300 euros (le plafond de versement jusquau 30 septembre 2012) augmente : 10,5% en 2012, contre 8,5% en 2011 et 8,1% en 2008. Le poids relatif de ces comptes bien garnis dans lencours global a fortement progressé, dépassant pour la première fois les 50% : 50,8% précisément, contre 43,1% en 2011 et 45,1% en 2008. « La hausse du plafond a encore accentué la concentration des encours sur les livrets les plus fortement dotés » en conclut le rapport de lOER, qui constate également que « cette concentration reste plus manifeste, à la fin 2012, dans les comptes des réseaux historiques (dans lesquels les 10% des livrets les plus dotés représentent 51% des encours) que dans ceux des nouveaux réseaux (dans lesquels 10% des livrets représentent 41% des encours). »
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5,9 millions de comptes « dormants »
Selon le rapport, 5,9 millions de comptes, à la fin 2011, sont crédités de moins de 30 euros et nont plus enregistré de mouvements depuis plus de 10 ans. Ces livrets « dormants » se retrouvent dans leur immense majorité dans les réseaux historiques, où ils représentent 12,6% des comptes ouverts.
Dans ce cas de figure, la loi autorise les banques à clôturer les comptes et à en transmettre la gestion à la Caisse des dépôts (CDC). « Au 31 décembre 2012, le nombre de comptes consignés à ce titre auprès de la CDC était de 1,4 million pour un encours de 19 millions deuros, en sensible augmentation par rapport à fin 2011 (9,5 millions deuros) », détaille le rapport. « Cette hausse sexplique par la mise en consignations en 2012 par un réseau historique de 0,3 million de comptes, représentant un encours de 9,5 millions deuros. »
Ensuite, au bout de 30 ans sans opérations, les comptes sont définitivement clôturés, la Caisse des dépôts récupèrant alors les encours. Cette « prescription trentenaire » a concerné 204.745 Livrets A, crédités en moyenne de 222 euros, pour un total dun peu plus de 45 millions deuros.
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Le profil des détenteurs change peu
Laspect universel du Livret A se retrouve dans le profil de ses détenteurs. Leur répartition par tranche dâge correspond à peu de choses près à celle de la population française. Tout juste le rapport note-t-il une légère surréprésentation des jeunes, des chômeurs et des inactifs dans la population qui a ouvert des Livrets A en 2012, quand le LDD par exemple recrute plus chez les cadres, les artisans et les commerçants.
Enfin, dun point de vue géographique, le Livret A séduit toujours particulièrement en Auvergne (4.400 euros dencours moyen), dans le Limousin (4.400 euros), en Alsace (4.300 euros), en Rhône-Alpes (4.100 euros) et en Bretagne (4.100 euros).
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(1) LOER est un instance placée sous la responsabilité de la Banque de France. Elle a été créée en 2008 pour « suivre la mise en uvre de la généralisation du Livret A, notamment son impact sur lépargne des ménages, sur le financement du logement social et sur le développement de laccessibilité bancaire ». Elle publie un rapport annuel, fondé sur les statistiques de la Banque de France.
(2) 5,1 millions douvertures, majoritairement dans les réseaux qui ne distribuent le produit que depuis 2008, pour 3,4 millions de fermetures, majoritairement chez les distributeurs historiques, Caisse dEpargne, Banque Postale et Crédit Mutuel.














