L’INSEE a dévoilé ce matin les chiffres de l’inflation pour le mois de mars. Comme en février, l’indice des prix à la consommation (IPC) hors tabac progresse de 0,9% sur un an. Insuffisant, a priori, pour envisager une baisse du taux du Livret A, actuellement fixé à 1,75%, au 1er mai.

La révision du taux du Livret A intervient normalement deux fois par an, au 1er février et au 1er août, en fonction de l’évolution de deux indicateurs : l’inflation hors tabac et les taux courts interbancaires. Toutefois, depuis janvier 2009, le gouverneur de la Banque de France peut également proposer des révisions intermédiaires au 1er mai et au 1er octobre. Pour cela, il doit justifier de circonstances exceptionnelles, comme une brusque évolution de l’inflation. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

En effet, si l’IPC hors tabac a baissé d’1,3 point en un an (de 2,2% en mars 2012 à 0,9% le mois dernier), ce repli se fait en pente douce depuis plusieurs mois : 1,3% en novembre, 1,2% en décembre, 1,1% en janvier et 0,9%, déjà, en février. Il y a donc très peu de chances de voir le gouverneur de la Banque de France sortir du statu quo et préconiser dans les jours à venir une baisse du taux du Livret A. D’autant que celle-ci, si elle est espérée par le secteur bancaire, ne l’est pas par le gouvernement, qui a fait du Livret A le symbole de l’épargne populaire et du maintien du pouvoir d’achat des Français.

Vers un nouveau coup de pouce gouvernemental ?

Il pourrait par contre en être autrement dans trois mois, lors de la prochaine échéance de révision du taux. Au 1er août en effet, l’ajustement n’est pas, si l’on suit les textes à la lettre, conditionné par des circonstances exceptionnelles, mais automatique. Ainsi, si l’IPC ne se redresse pas d’ici là, le taux pourrait chuter d’un demi-point, à 1,25%. Soit le plus bas niveau jamais atteint par le Livret A, qui n’a eu cours qu’un fois en près de 200 ans d’histoire, entre le 1er août 2009 et le 1er août 2010.

Quelle sera, dans ce cas de figure, l’attitude du gouvernement ? Choisira-t-il d’amortir la chute, comme il l’a déjà fait en janvier ? A l’époque, le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, avait dérogé à la règle de calcul pour éviter une dégringolade de 0,75 point. Avec un inflation hors tabac de 1,2% en décembre, le taux aurait en effet dû passer de 2,25% à 1,50% ; le « coup de pouce » gouvernemental avait permis de le maintenir à 1,75%.