Ce matin, mardi 24 mars, l'Insee a dévoilé sa première note de conjoncture depuis le déclenchement du conflit opposant l'Iran à Israël et aux États-Unis au Moyen-Orient. Sans surprise, les perturbations qu'il entraîne sur l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz, notamment, va relancer l'inflation, annonce l'institut statistique.
Le 17 décembre 2025, la précédente note de conjoncture de l'Insee anticipait ainsi une hausse de l'indice des prix à la consommation hors tabac de 1,17%, en moyenne au 1er semestre 2026. Elle est désormais attendue 0,35 point au-dessus, à 1,42%. La hausse des prix sur un an pour les seuls produits pétroliers pourrait atteindre 25% en mai.
De 1,50% à 1,70%, voire 1,80% ?
C'est cette hausse de l'inflation semestrielle qui pourrait entraîner un rebond du taux du Livret A et du Livret de développement durable et solidaire (LDDS) un peu plus fort qu'attendu. Dans le scénario retenu par l'Insee, il pourrait ainsi remonter de 1,50% actuellement à 1,70% au 1er août prochain. Voire 1,80%, comme l'anticipe le macroéconomiste Philippe Crevel, très bon connaisseur du sujet, dans une récente note. Le taux du LEP, lui, passerait alors de 2,50% à 2,70% ou 2,80%, si le gouvernement maintenait son choix de lui donner un avantage d'un point par rapport au Livret A.
L'ampleur de la hausse, qui restera quoi qu'il en soit modeste, dépendra aussi des choix de politique monétaire de la Banque centre européenne (BCE). Son taux de dépôt influence directement le taux court interbancaire ster, dont l'évolution est également prise en compte dans la formule de calcul du taux du Livret A. Ce taux de dépôt est stable depuis juin 2025. Mais le retour de l'inflation et l'instabilité économique liés au conflit pourrait, en effet, convaincre l'institution monétaire de le relever, à l'occasion de la prochaine réunion du conseil des gouverneurs, fin avril.
Sous réserve de l'aval du gouvernement
Cette éventuelle hausse, toutefois, ne sera pas automatique. Elle devrait aussi recevoir l'aval du gouvernement. Ce dernier, en effet, conserve (et exerce fréquemment) le pouvoir de déroger à l'application de la formule de calcul. Or, toujours selon Philippe Crevel, il pourrait choisir de « ne pas relever le taux du Livret A, considérant que la hausse des prix ne serait que temporaire, le prix du pétrole et du gaz revenant à leur niveau d'avant le conflit assez rapidement après la cessation des hostilités ».
















