Pour le financer, engager une réforme « du crédit d'impôt recherche (qui coûte près de 8 milliards d'euros par an à l'État) et supprimer les aides publiques à l'apprentissage pour l'enseignement privé lucratif seraient deux pistes aisément mobilisables », estiment les 80 signataires, présidents d'universités et directeurs.

Dans le détail, les présidents d'universités, regroupés dans l'association France universités, demandent 500 millions d'euros supplémentaires de financement récurrent dès 2027 pour « compenser intégralement les mesures salariales » décidées par l'Etat, 90 millions pour le recrutement et la revalorisation des carrières.

Trente millions d'euros permettraient aussi selon eux de financer la réforme d'accès aux études de santé prévue à la rentrée 2027 et 80 millions d'euros permettraient de financer 20.000 places supplémentaires à l'université.

Enfin, 100 millions d'euros assureraient « les moyens nécessaires pour accompagner la nouvelle forme de la contractualisation entre l'État et les universités », en mettant « fin à la logique de gel des emplois et de reconstituer progressivement les capacités d'encadrement pédagogique ».

Ils proposent également une réforme des bourses sur critères sociaux, « permettant d'en revaloriser les montants, d'améliorer leur progressivité et d'élargir leur accès », soit « 340 millions d'euros supplémentaires » selon eux.

« France Universités demande des annonces immédiates pour apaiser la situation qui fait courir jour après jour dans nos établissements des risques supplémentaires aux personnels, étudiantes et étudiants, tant elle se dégrade », soulignent les présidents dans ce manifeste appelant à faire de la jeunesse « une grande cause nationale ».

« Parcoursup, qui concentre aujourd'hui toutes les attentions, et peut toujours être amélioré, ne doit pas devenir un objet sacrificiel que l'on charge de masquer la réalité de la très grande difficulté en termes de moyens de nos établissement », poursuivent-ils.

Ils réitèrent par ailleurs leur souhait de voir le gouvernement organiser des états généraux de la jeunesse.