Atteindre les 3% de déficit public en 2030 tout en baissant de 30 milliards les impôts. Récupérer 15 à 20 milliards sur les retraites en instaurant un « pilier de capitalisation »... Ce qu'il faut retenir des annonces de la candidate du Rassemblement national à la présidentielle.

- Un plan à « 140 milliards »

La députée du Pas-de-Calais, accompagnée de son numéro 2 Jordan Bardella et de son spécialiste finances et budget à l'Assemblée Jean-Philippe Tanguy, a rapidement adopté un ton alarmant.

« La France devient l'objet de toutes les inquiétudes des investisseurs internationaux », a lancé la cheffe du groupe d'extrême droite à l'Assemblée, depuis le siège du RN.

En réponse, elle propose un vaste plan d'économies de « 140 milliards d'euros nets » en 2032 par rapport à 2026, disant tenir compte de la « hausse des taux » et du budget pour 2027 présenté par le gouvernement de Sébastien Lecornu.

Un plan de baisses de dépenses massif qui reposerait notamment sur l'immigration, la contribution à l'UE, les agences de l'État ou encore les dépenses des collectivités territoriales. Et qui se conjuguerait à « 30 milliards » de baisse d'impôts. Avec comme horizon un déficit public sous la barre des 3% dès 2030, et un endettement de la France à 112% du PIB, contre 119% aujourd'hui.

L'un des leviers serait une « règle d'or » budgétaire inscrite dans la Constitution par référendum pour contraindre le pouvoir politique à réduire la dette chaque année. Une initiative qui pourrait être lancée dans la première année de son quinquennat si elle accède à l'Elysée, a-t-elle assuré, sans en faire une « urgence absolue », estimant sa propre trajectoire bien plus ambitieuse.

- Retraites et capitalisation

Très attendue sur ce qui reste l'un des angles d'attaque les plus courants contre le programme du RN, Marine Le Pen a aussi évoqué les retraites, proposant « entre 15 et 20 milliards d'économies à terme » pour réduire « l'important déficit » des quinquennats Macron, mais aussi financer sa propre réforme.

La candidate, favorable à ramener l'âge de départ à la retraite à 62 ans, voire à 60, a annoncé la présentation à venir d'une « grande réforme de la capitalisation individuelle et collective », comprenant la « création d'un véritable pilier de capitalisation ».

- Appel à la BCE

Si elle a rappelé sa volonté de baisser significativement la contribution de la France à l'Union européenne (-8,9 milliards nets), l'ex-eurodéputée a estimé que la Banque centrale avait son rôle à jouer dans l'emballement des taux d'emprunt qui pèse sur les Etats.

« La BCE doit intervenir pour que les pays de l'Eurozone dégagent des marges de manœuvre financières pour investir dans notre souveraineté, à savoir la défense et le rattrapage technologique », a-t-elle argué.

- Neutralité carbone

La candidate du RN a également promis une « grande réforme structurelle » de « la politique écologique et énergétique », s'engageant comme à son habitude à « cesser les subventionnements à perte des énergies intermittentes », comme le solaire ou l'éolien.

Mais elle a aussi annoncé l'ambition d'atteindre « avant 2050 la neutralité carbone » à l'échelle du pays, réfléchissant notamment à ouvrir le prêt à taux zéro « au financement des voitures propres ».

- Budget 2027 : Le Pen s'estime « entendue »

A la veille de l'examen en commission à l'Assemblée du projet de budget de l'Etat pour 2027, Marine Le Pen l'a qualifié sans surprise de « très mauvais », reposant selon elle sur un « rabot généralisé ».

« Je crois quand même que le discours que nous avons tenu au gouvernement a été entendu », a toutefois ajouté la cheffe du groupe RN, qui détient l'une des clés de la non-censure - l'autre étant dans les mains du PS si le gouvernement décide de passer par 49.3.

Elle a estimé qu'il n'y avait pas lieu « de poser (...) des interdictions ou des interdits » dans la discussion budgétaire, et que la copie de l'exécutif serait rapidement modifiable après la présidentielle.