Le prix de l'électricité sur les marchés est complètement fou en ce mois de décembre. Tellement fou que le gouvernement envisage un gel complet des tarifs réglementés en février prochain. Un accord entre EDF et les fournisseurs alternatifs est aussi à l'étude pour éviter que les particuliers ne paient les pots cassés.

« Plus rien n'a de sens sur le prix de l'énergie », constate le patron d'Opéra Energie Julien Teddé. Mercredi, les prix de l'électricité en France ont atteint de nouveaux records sur le marché et les professionnels restent sidérés en attendant la réaction du gouvernement. Depuis la décision de limiter à 4% la hausse des tarifs réglementés de l'électricité (TRV) prévue pour février prochain, la donne a encore changé. Selon l'état actuel du marché et le mode de calcul habituel, les TRV auraient dû bondir dans des proportions comprises entre 20 et 25% minimum avec pour conséquence de faire flambler les factures à quelques mois de la présidentielle.

Selon Le Figaro de ce jeudi, la réponse de l'éxécutif est imminente car le budget de l'Etat est potentiellement fragilisé par la situation et le budget des ménages menacé. La baisse de la taxe sur l'électricité, la TICFE devait coûter près de 6 milliards d'euros. Problème, les experts craignent une note finale bien supérieure sans effet pour le consommateur. Pour anticiper, le gouvernement devrait selon le quotidien déposer un amendement actant la possibilité de geler totalement les TRV dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances 2022 en lieu et place du plafond des 4% jusqu'ici décidé.

Electricité : pourquoi 2022 risque de vous coûter très cher

« En 2022 et en cas d'augmentation exceptionnelle des prix sur les marchés de l'électricité pris en compte dans le calcul des TRV (...), les ministres chargés de l'Économie et de l'Énergie peuvent (...) fixer un niveau de tarif inférieur » à celui résultant de l'application de la formule habituelle, prévoit le projet de texte, cite par Le Figaro. Le gouvernement prévoit aussi un moyen d'éviter d'être débouté par le Conseil d'Etat comme cela est arrivé dans un passé récent. Le risque est en effet que le gel des prix aboutisse ensuite à un rattrapage si la justice venait à casser la décision initiale du gouvernement.

Enfin, l'exécutif aimerait qu'EDF libère une plus grande part de sa production aux fournisseurs alternatifs pour éviter les hausses massives de prix - GreenYellow a annoncé une hausse de 15% des siens vendredi - comme pour limiter les risques de faillites. Mais l'accord est loin d'être trouvé. Selon la Commision de régulation de l'énergie (CRE) ceux-ci réclament pour l'année 2022 -dans le cadre de l'accès régulé à l'électricité nucléaire historique (Arenh) - un peu plus de 160 térawattheures (TWh) quand seulement 100 TWh leur sont attribués au prix de 42 euros le MWh.

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Conséquence ? Puisque seule 62% de l'électricité totale nécessaire aux opérateurs alternatifs sera fourni par EDF, « les fournisseurs vont devoir se founir sur les marchés, à un prix exhorbitant, explique à Money Vox Jean-Sébastien Degouve de chez Opéra Energie.

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Que faire si mon fournisseur disparaît ?

En cas de faillite, la loi prévoit un fournisseur de secours. Il s'agit d'EDF qui officie de façon transitoire, le temps pour les particuliers de souscrire une nouvelle offre de marché auprès du fournisseur de son choix.