Bonne nouvelle pour les boursicoteurs, en herbe ou chevronnés : les frais appliqués aux placements en actions continuent de baisser ! Le gendarme boursier, lAMF, suit les frais de linvestissement en actions en direct ou via des fonds depuis 2011. Ce suivi a ainsi permis de pointer la hausse des frais de courtage dans les grandes banques en 2015. Depuis, la tendance semble plus à la modération : les tarifs pour enregistrer des transactions ont diminué ces dernières années, même si la baisse nest pas spectaculaire.
LAMF dévoile les évolutions récentes dans sa lettre de lobservatoire de lépargne de février : en effectuant un ordre de bourse auprès dune banque, au 1er août 2018, « le coût total moyen dun ordre internet de 5 000 euros sur Euronext Paris était de 0,52% (soit 25,8 euros) contre 0,53% en 2017 », relève lAMF. Lautorité pointe surtout les écarts béants dune enseigne à une autre, « du simple au triple » même entre deux banques traditionnelles : « pour un ordre de 5 000 euros sur Euronext Paris, le coût varie de 0,30% à 0,75% du montant de lordre ».
Lobservation est en tous points similaire pour les droits de garde, tarif rémunérant « la conservation des titres et des opérations administratives » : pour un portefeuille de 10 000 euros investi sur 10 titres différents, « les droits de garde observés vont de 0,30% à 0,96% du montant du portefeuille », la moyenne étant de 0,65% dans les banques, en légère baisse sur un an (0,67% en 2017).
Combien coûte un ordre de 1 000 euros ?
- Dans une banque : un ordre internet sur Euronext Paris coûte en moyenne 0,81%, pour un ordre de 1 000 euros, soit 8,1 euros.
- Chez un courtier web : un ordre internet sur Euronext Paris coûte en moyenne 0,37%, pour un ordre de 1 000 euros, soit 3,7 euros.
- A savoir : plus le montant de lordre augmente, plus le tarif du passage baisse. Ainsi un ordre de 10 000 euros coûte 48,9 euros en moyenne dans une banque traditionnelle (0,49%) et 15,6 euros auprès dun spécialiste de la bourse en ligne (0,16%) selon lAMF. Trois fois moins cher !
Pas de droits de garde chez les courtiers en ligne
LAMF pousse la comparaison entre banque et acteurs en ligne au-delà du seul tarif du passage dordre sur internet. Notamment en pointant une différence de taille : les grands réseaux bancaires facturent des droits de garde, à hauteur de 0,65% par an, donc, quand les spécialistes de la bourse en ligne « ne prévoient aucuns droits de garde ».
Par ailleurs, les coûts de transaction peuvent senvoler dans les banques si lordre est passé par téléphone ou directement en agence. Pour un ordre de 5 000 euros, dans une banque, le coût moyen est de 25 euros sil est effectué sur internet, 66 euros par téléphone et 72 euros en agence. Même au sein dune banque traditionnelle, le canal internet donc est « trois fois moins cher », comme le souligne lAMF.
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Fonds investis en actions : des frais aussi en baisse
Le gendarme boursier suit aussi les évolutions des frais pesant sur linvestissement indirect en actions : les « frais courants » des OPC (organismes de placement collectif), nouveau nom des OPCVM, ces fonds accessibles en direct mais aussi via les supports en unités de compte de lassurance vie, par exemple.
Les frais courants, qui correspondent globalement à des frais de gestion annuels, sont en moyenne de 1,41% pour lensemble des OPC, de 1,66% pour les fonds actions en 2017 (contre 1,74% en 2015), et de 1,71% sur les fonds diversifiés (1,85% en 2015). Dans la catégorie « fonds actions », les ETF, fonds répliquant un indice, affichent sans surprise un coût réduit : 0,41% pour les ETF actions, et 1,02% pour lensemble des fonds indiciels. Hors ETF, la moyenne des frais courants des fonds actions sest établie à 1,90% selon lAMF, et à 2,16% pour les fonds investis sur des actions françaises.
LAMF souligne par ailleurs que les frais courants nintègrent ni les commissions de surperformance (0,24% en moyenne sur les fonds dactions françaises), ni les éventuels frais dentrée. Par ailleurs, les OPC sont le plus souvent investis via un autre produit, comme lassurance vie, ce qui implique dautres frais.
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Un rebond récent de linvestissement en actions
La dernière enquête de lAMF (1) au sujet de la détention dactions montrait un léger rebond depuis 2017. 7,5% des Français sondés déclarent détenir des actions en direct, et une proportion équivalente posséder un PEA, mais linvestissement en actions reste le plus souvent indirect, et passe en premier lieu par lassurance vie : 12,2% des Français déclarent investir sur les unités de compte de lassurance vie. Reste à voir si lannée 2018, clôturée dans le rouge pour toutes les familles dindices, aura eu raison de ce regain dintérêt pour les placements risqués.
Plus d'infos sur l'investissement en bourse
(1) Kantar TNS, mars 2018.



















