Les marchés

Le CAC décolle avec Airbus

La Bourse se réveille enfin ! Le CAC 40 progresse de 0,89% ce soir, à 8 438 points, principalement soutenu par Airbus, qui bondit de 7,04%. Sodexo gagne 3,5% grâce au relèvement d'une recommandation de Bank of America et à un nouveau contrat mondial. On en reparle dans cette édition. La hausse du CAC intervient malgré l'absence d'apaisement au Moyen-Orient, qui pousse le pétrole et les taux obligataires à la hausse. Le Brent atteint 94$ le baril, en progression de 2%, tandis que le rendement de la dette française de référence à dix ans frôle les 4% pour la première fois depuis 2009 ?

À Wall Street, la tendance est plus hésitante. Un nouveau repli des actions du secteur des semi-conducteurs pèse sur les indices, alors que les investisseurs attendent les résultats d'Alphabet (Google) et de Tesla ce soir. Ces publications devront notamment montrer si les dépenses massives consacrées à l'intelligence artificielle commencent à produire des résultats suffisants pour prolonger la hausse des grandes valeurs technologiques. Demain, une véritable avalanche de résultats va s'abattre sur la Bourse de Paris, on fait le point dans ce journal de la Bourse. Bonne lecture à tous !

Les valeurs

Airbus

Airbus a dévoilé des objectifs ambitieux pour 2029, avec un résultat opérationnel attendu entre 12 et 13 milliards d'euros, contre 7,1 milliards en 2025, soit une progression de 69% à 83% ! La principale activité, l'aviation civile, devrait générer 10 milliards d'euros de résultat opérationnel, portée par la hausse des cadences de production et des livraisons qui pourraient dépasser 1 100 appareils. Le groupe vise notamment 75 A320 neo par mois début 2028, 13 A220 en 2028, 12 A350 en 2028 et 5 A330 en 2029. Airbus confirme parallèlement ses objectifs pour 2026, dont environ 870 avions livrés et un résultat opérationnel de 7,5 milliards d'euros.

Le constructeur prévoit également de racheter pour 5 milliards d'euros de ses propres actions sur trois ans à partir de 2026, signe de sa confiance dans sa capacité à générer de la trésorerie. Après plusieurs années perturbées par la pandémie de Covid, les difficultés de fournisseurs et plusieurs problèmes industriels, Airbus estime disposer d'une visibilité exceptionnelle grâce à une demande très forte. Les bureaux d'études jugent les prévisions prudentes et potentiellement dépassables, même si leur réalisation dépend encore de l'amélioration de la chaîne d'approvisionnement. Cette visibilité et le retour aux actionnaires ont été salués en Bourse ce mercredi, où le titre gagne 7,04% à 208,30 ?, en tête du CAC 40 et du SBF 120 (+5% en 2026).

Sodexo

Sodexo a signé un contrat mondial de cinq ans avec le groupe chimique suisse Clariant pour gérer les services de plus de 50 sites dans 13 pays, en Europe, en Asie-Pacifique et en Amérique. Le groupe français assurera notamment le nettoyage, la maintenance des bâtiments, l'entretien des espaces extérieurs et le support technique sur des sites industriels, des laboratoires, des centres de recherche et des bureaux.

Ce partenariat vise à uniformiser les standards de service de Clariant à l'échelle internationale, avec une gestion centralisée et un recours accru aux données et aux outils numériques pour améliorer l'efficacité opérationnelle. Le déploiement débutera en octobre 2026 et renforce la position de Sodexo auprès des multinationales souhaitant simplifier la gestion de leur patrimoine immobilier. Ce soir, l'action signe l'une des plus fortes hausses du SBF 120 : +3,49% à 54,90 ? (+25% depuis janvier).

Le coin des smalls

Sidetrade

L'éditeur spécialisé dans la gestion des paiements et des litiges rassure le marché avec des prises de commandes record au deuxième trimestre. Elles bondissent de 80% sur un an, à 5,6 millions d'euros, tandis que les nouveaux abonnements récurrents progressent de 168%. Les nouvelles offres intégrant l'intelligence artificielle ont déjà généré plus d'un million d'euros de contrats, montrant que cette technologie soutient davantage la croissance qu'elle ne menace le modèle de l'entreprise.

C'est en effet la grande menace pour les éditeurs de logiciels, potentiellement menacés par l'essor de l'IA. Par ailleurs, le chiffre d'affaires de Sidetrade augmente de 21%, à 18 millions d'euros. Les investisseurs anticipent désormais une accélération de l'activité à partir de la fin de l'année. Mais malgré la hausse du jour (+12,99% à 200 ?), l'action éligible au PEA-PME cède toujours 18% depuis le début de l'année, à la Bourse de Paris.

La pépite de la semaine

Vin & Spiritueux : Où est la demande ? Le secteur des vins et spiritueux traverse une phase difficile. Les volumes reculent, les habitudes évoluent et plusieurs acteurs cotés subissent une pression durable sur leur activité. Pour autant, la demande ne disparaît pas : elle devient plus sélective et davantage polarisée entre produits accessibles et offres premium.

La recommandation du jour

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Le monde d'après

La pression monte ?

Vous le savez, l'escalade militaire entre les États-Unis et l'Iran fait bondir les prix de l'énergie. On fait le point sur les derniers événements. Le Brent a brièvement dépassé 95$ le baril, un niveau inédit depuis près de six semaines, tandis que le WTI atteint plus de 87$ (voir lexique). Les marchés redoutent un blocage durable des exportations dans le détroit d'Ormuz, ainsi que de nouvelles perturbations près du Yémen après l'annonce d'un blocus maritime par les rebelles houthis.

Nous vous en parlions ces derniers jours, on pense clairement que les Houthis représentent un risque majeur et largement sous-estimé par le marché. La Russie a également suspendu ses exportations de gazole pour répondre à ses propres pénuries, provoquées par les frappes ukrainiennes, ce qui accentue la pression sur le diesel. En France, TotalEnergies a rétabli un plafond de 1,99 ? le litre pour l'essence et de 2,25 ? pour le gazole dans ses stations. Le gaz européen atteint parallèlement son plus haut niveau depuis mars, alimenté par le blocage des exportations du Qatar, le remplissage des stocks avant l'hiver et la forte demande asiatique liée à la climatisation.

Ces tensions fragilisent les chaînes d'approvisionnement et renforcent le risque d'une nouvelle poussée de l'inflation. Pour le moment, le marché continue de faire le pari que l'administration Trump et le régime des mollahs signeront prochainement un accord de paix, ou du moins un cessez-le-feu durable, d'une manière ou d'une autre. De quoi débloquer la situation. En somme, le marché paraît très optimiste et ne voit le verre qu'à moitié plein. Soit ! Mais si la situation actuelle dure, voire s'intensifie, la chute pourrait être brutale à la fin de l'été ou à la rentrée. On va bien sûr continuer de suivre la situation de près.

La rumeur de Tokyo

Pour le moment, c'est une simple rumeur ? La Banque du Japon pourrait accélérer ses hausses de taux si l'inflation dépasse ses prévisions. Certains responsables locaux envisagent en effet un rythme supérieur aux deux relèvements annuels actuellement anticipés par les marchés, notamment si la faiblesse du yen et la flambée des prix de l'énergie continuent d'alimenter la hausse des prix. Les dernières hausses de taux ont constitué une véritable révolution dans l'archipel, frappé depuis près de 30 ans par la déflation et les taux nuls, voire négatifs.

La Banque centrale, qui a justement relevé ses taux en juin, précise toutefois que ses décisions dépendront de l'évolution de l'économie et ne suivront pas un calendrier défini à l'avance. Ormuz joue clairement un rôle central dans cette affaire : le Japon importe quasiment tout son pétrole brut (99,7% !). En 2023, 95% de ses importations provenaient du Moyen-Orient, ce qui rend le pays très exposé aux tensions dans la région. En tout cas, la rumeur du jour a légèrement soutenu le yen, remonté à 162,97 pour 1$ après avoir atteint 163,24, son plus bas niveau depuis près de quarante ans. Le gouvernement japonais se dit également prêt à intervenir sur le marché des changes pour enrayer la chute de la devise. Les investisseurs restent néanmoins préoccupés par d'éventuelles pressions politiques visant à retarder la hausse des taux ?

Pour les actionnaires, une hausse des taux japonais pèserait sur la Bourse de Tokyo (le Nikkei), surtout sur les exportateurs, l'immobilier et les entreprises endettées, car elle renforcerait le yen et augmenterait le coût du crédit. Les banques et les assureurs pourraient en revanche en profiter grâce à de meilleures marges. À l'échelle mondiale, le principal risque serait la fermeture d'opérations financées à bas coût en yens, ce qui pourrait provoquer des ventes d'actions, d'obligations et d'actifs émergents. Une hausse progressive et attendue resterait toutefois absorbable, tandis qu'une décision brutale pourrait déclencher une forte volatilité. Affaire à suivre !

Demain à la une

Avalanche de résultats

La séance de demain s'annonce particulièrement dense, entre la décision monétaire de la Banque centrale européenne et une avalanche de résultats d'entreprises. Une pause sur les taux est largement attendue après la hausse de juin. Le discours de Christine Lagarde sera toutefois scruté pour déterminer si la remontée des prix de l'énergie pourrait conduire à une nouvelle hausse des taux en septembre. L'euro, les obligations et les valeurs bancaires pourraient réagir assez fortement.

La Bourse sera en partie animée par les résultats d'Alphabet (Google) et Tesla, publiés ce soir après la clôture. À Paris, BNP Paribas, TotalEnergies, Carrefour, Dassault Systèmes, Thales, STMicroelectronics, Eurofins Scientific et Edenred dévoileront leurs résultats trimestriels ou semestriels. Les perspectives pour le second semestre seront déterminantes, car toute révision d'objectif pourrait provoquer des mouvements importants au sein du CAC. Après la clôture de Wall Street, Intel sera également très suivi : ses commentaires sur le marché des ordinateurs, les centres de données, l'intelligence artificielle et la production de puces pourraient influencer l'ensemble du secteur technologique.

Le lexique

Brent et WTI

Le Brent et le WTI sont les deux principales références mondiales utilisées pour fixer le prix du pétrole brut. Le Brent provient principalement de gisements situés en mer du Nord et sert de référence pour une grande partie du pétrole échangé en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient. Le WTI, pour West Texas Intermediate, est un pétrole produit aux États-Unis et coté à Cushing, dans l'Oklahoma.

Tous deux sont des pétroles dits « légers » et peu soufrés, donc relativement faciles à raffiner. Leur prix peut toutefois différer en raison de la qualité du brut, des coûts de transport, du niveau des stocks, des capacités de production ou encore des tensions géopolitiques. Lorsque les médias parlent du « prix du pétrole », ils font généralement référence à l'un de ces deux cours. Le plus souvent au Brent, dans les médias français.