L'évolution des cours

A Paris, ce lundi 11 mai, vers 14h15 GMT, LVMH cédait 4,09% à 453,35 euros, Kering perdait 3,62% à 237 euros et Hermès reculait de 3,19% à 1.608 euros, plombant toute la cote parisienne du fait de leur pondération dans l'indice CAC 40, en baisse de 0,94%. A Londres, Burberry cédait 3,39%. A Milan, Salvatore Ferragamo perdait 5,29% et Moncler 4,22%.

Les analystes de la banque Berenberg estiment que les investisseurs devraient vendre tout rebond des actions du secteur du luxe dans une note intitulée « Biens de luxe – La croissance reste faible; vendre le rebond du marché baissier », datant de vendredi. Si la perspective de la fin du conflit au Moyen-Orient devrait soutenir les valeurs du luxe, « les fondamentaux faibles du secteur restent inchangé », le luxe restant confronté à des difficultés de croissance installées depuis des années, expliquent-ils.

Les grands noms du luxe ont tous « mis en avant l'impact du conflit au Moyen-Orient » dans leurs résultats du premier trimestre de l'année, « fournissant au marché une excuse pour réduire les attentes de croissance du chiffre d'affaires du secteur pour l'exercice 2026 », soulignent les analystes dans leur note.

La guerre au Moyen-Orient a en effet affecté les ventes au premier trimestre du groupe français de luxe Hermès connu pour ses carrés de soie et ses sacs : elles ont reculé sur un an de 1,4% à 4,1 milliards d'euros.

Même constat pour le numéro un mondial du luxe LVMH, qui a aussi souffert au premier trimestre de l'impact de la guerre au Moyen-Orient et a fortement réduit ses ventes dans cette région, l'une des plus dynamiques pour le secteur ces dernières années.

Le groupe de luxe français Kering, en pleine transformation, a vu son chiffre d'affaires reculer de 6% au premier trimestre, lesté par sa maison phare Gucci, tout en notant là encore un impact de la guerre au Moyen-Orient.

Mais même « en excluant l'impact du Moyen-Orient, nous pensons que les tendances sous-jacentes des revenus continueront de décevoir, les consommateurs chinois (un marché clef pour le luxe, ndlr) constituant une source majeure de faiblesse », peut-on lire dans la note de Berenberg. La banque conserve cependant une recommandation d'achat sur les valeurs du luxe haut de gamme comme Hermès.

Les actions du luxe avaient bénéficié d'un soutien la semaine passée avec la perspective d'un accord de paix entre les Etats-Unis et l'Iran. Les titres des grands noms du luxe sont repartis dans le rouge lundi après que Donald Trump a brutalement rejeté dimanche la réponse de l'Iran aux propositions américaines pour mettre fin à la guerre, agitant à nouveau la menace face à Téhéran, accusé d'avoir pris pour cible ses voisins du Golfe.