Un nouvel espoir
Oui, c'est le titre d'un des nombreux Star Wars mais aussi la synthèse de cette séance animée. L'actualité est tombée il y a quelques minutes : le chef de la diplomatie iranienne doit se rendre au Pakistan, en vue de négociations avec les États-Unis. Comme toujours, cet espoir d'apaisement soutient les marchés actions mondiaux. En Europe, les indices boursiers limitent leurs pertes après une séance largement négative : le CAC 40 clôture en baisse de 0,84%, à 8 158 points, soit un recul de 3,2% sur la semaine.
Wall Street évolue à l'inverse dans le vert, avec, une nouvelle fois, de nouveaux records inscrits. Le S&P 500 progresse de 0,7% pour le moment, porté par cet espoir de détente. De quoi apaiser les tensions au Moyen-Orient et réduire les risques pesant sur le transport du pétrole dans le détroit d'Ormuz ? Il est encore trop tôt pour l'affirmer, mais les prochains jours devraient clairement être déterminants.
Autre bonne nouvelle : Intel soutient fortement le marché américain ce vendredi. Le fabricant américain de puces bondit en Bourse après avoir annoncé des perspectives de chiffre d'affaires supérieures aux attentes pour le deuxième trimestre. On en reparle dans la suite de cette édition, riche en actualités boursières ! Bonne lecture à tous.
Les valeurs
Intel s'envole de 24% ce soir à Wall Street ! Son action s'échange désormais à 83$. Et pour cause, le géant américain des semi-conducteurs a publié des résultats meilleurs que prévu, avec un chiffre d'affaires et un bénéfice supérieurs aux attentes du marché. La principale raison de cette amélioration vient de l'activité liée aux centres de données et à l'intelligence artificielle. Les nouveaux processeurs et puces d'Intel semblent séduire les grandes entreprises et les fournisseurs de cloud. C'est un redressement assez spectaculaire car Intel sort d'une période très difficile.
En 2025, l'entreprise avait connu de lourdes pertes et des problèmes industriels importants. Pour éviter une crise plus grave, l'État américain était entré au capital de l'entreprise à hauteur de 9,9%. Depuis cette intervention, la valeur de cette participation a fortement augmenté grâce à la remontée spectaculaire du cours de Bourse. Le géant américain, capitalisé plus de 400 milliards de dollars, progresse en effet de 123% à Wall Street depuis janvier (+84% l'an passé).
Pour se relancer, Intel a pris des décisions radicales : abandon de certains projets d'usines en Europe, recentrage sur la production aux États-Unis et suppression d'environ un quart de ses effectifs dans le monde. Ces mesures ont été douloureuses, mais elles ont permis à l'entreprise de stabiliser sa situation financière et de revenir dans la course sur le marché très porteur de l'intelligence artificielle.
Accor clôture en hausse de 0,23% à 43,21 ?, après un gain latent d'environ 2% cet après-midi. Certes, le groupe hôtelier traverse une période d'incertitude à court terme, principalement à cause de la guerre au Moyen-Orient, une région importante pour son activité, notamment aux Émirats arabes unis où le taux d'occupation des hôtels est tombé à un niveau très bas en avril. Malgré cela, les résultats du premier trimestre restent corrects. Le chiffre d'affaires atteint 1,3 milliard d'euros, en légère hausse.
Le revenu par chambre progresse aussi, principalement grâce à l'augmentation des prix. Certaines activités, notamment les hôtels milieu de gamme et économiques, résistent mieux que le luxe et le lifestyle, pénalisés par une cession d'activité. Le groupe continue par ailleurs de se développer, avec l'ouverture de 48 nouveaux établissements et plus de 6 700 chambres supplémentaires au premier trimestre. Accor espère aussi profiter d'une demande plus forte dans d'autres régions, comme l'Europe et l'Asie du Sud-Est, pour limiter l'impact de la crise au Moyen-Orient.
La situation reste toutefois fragile ? D'autant que personne ne sait combien de temps dureront les tensions, ni quel sera leur impact sur le tourisme mondial. Les investisseurs restent donc prudents, comme le montre la baisse de 11% du cours de Bourse d'Accor depuis le début du conflit, après un creux à -24% (-10% sur l'ensemble de l'année). Le groupe conserve ainsi des atouts pour rebondir, mais la visibilité reste faible pour les prochains mois. Prudence !
Le coin des smalls
Deezer. Le spécialiste du streaming musical signe une hausse de 3,69% ce soir, à 1,12 ? malgré un début d'année un peu difficile. Au premier trimestre, son chiffre d'affaires a légèrement reculé, à 131,9 millions d'euros. La situation est contrastée : en France, l'activité reste solide grâce aux abonnements directs, mais à l'international les revenus baissent nettement. Les abonnés venant des partenariats sont aussi en fort recul.
Malgré cela, Deezer maintient ses objectifs pour 2026. EuroLand Corporate reste positif sur le titre, avec une recommandation à l'achat et un objectif de 3 ?, soit un potentiel de hausse de plus de 170% par rapport au cours actuel, même si le bureau d'études attend davantage de précisions sur la rentabilité future.
Un autre élément pourrait soutenir Deezer à l'avenir : la réglementation autour des contenus générés par intelligence artificielle. Si les plateformes doivent mieux identifier l'origine des contenus, Deezer pourrait être avantagé, car il a déjà adopté une position claire sur ce sujet. L'action, éligible au PEA-PME, cède 1,3% depuis le début de l'année.
Le monde d'après
Les actionnaires de Warner Bros ont approuvé le rachat du groupe par Paramount Skydance pour 110 milliards de dollars. Cette décision marque une étape importante après plusieurs mois de rebondissements, notamment une offre concurrente de Netflix, finalement abandonnée. L'opération n'est toutefois pas encore totalement validée. Elle doit encore obtenir l'accord des autorités de régulation, en particulier aux États-Unis et en Europe, qui devront vérifier que ce rapprochement ne crée pas une position trop dominante sur le marché.
Si le rachat aboutit, Paramount mettrait la main sur un immense catalogue de films et de séries, avec des franchises comme Harry Potter, Batman ou encore Casablanca, ainsi que sur HBO, sa plateforme de streaming et CNN. Le nouvel ensemble deviendrait donc un géant mondial du cinéma, de la télévision et du streaming. Mais ce projet inquiète fortement Hollywood. De nombreux professionnels du secteur craignent des suppressions d'emplois, une concentration excessive du marché et moins de diversité dans les projets produits.
Plusieurs centaines de réalisateurs, producteurs et acteurs ont même demandé aux autorités de poursuivre un examen très strict du dossier. Paramount tente de rassurer en promettant de continuer à produire beaucoup de films pour le cinéma et de soutenir davantage de projets créatifs. La fusion pourrait être finalisée au troisième trimestre, à condition d'obtenir le feu vert des régulateurs. En Bourse, Paramount et Warner perdent respectivement 17% et 6% depuis le début de l'année (après +31% et +172% en 2025).
Google défie Nvidia
Google veut réduire sa dépendance à Nvidia, aujourd'hui leader des puces pour l'intelligence artificielle. Lors de son événement Next 2026, l'entreprise a présenté une nouvelle génération de puces spécialisées, appelées « TPU », conçues pour faire fonctionner et entraîner des modèles d'IA.
La nouveauté importante est que Google propose désormais deux types de puces. L'une est pensée pour entraîner les modèles d'IA, c'est-à-dire leur apprendre à traiter d'immenses quantités de données. L'autre est conçue pour l'inférence (voir lexique), c'est-à-dire l'utilisation concrète de l'IA par les utilisateurs et les entreprises. Cette distinction devient essentielle, car les besoins ne sont pas les mêmes selon que l'on crée un modèle ou qu'on le fait fonctionner au quotidien.
Google anticipe surtout l'essor de l'IA agentique, ces intelligences artificielles capables d'exécuter des tâches complexes étape par étape. Si ces usages se développent fortement, les serveurs devront être sollicités en continu, mais différemment qu'aujourd'hui. Les grands acteurs du cloud et des semi-conducteurs adaptent donc leurs puces, leurs infrastructures et leurs centres de données.
Cette course coûte cher, très cher ! Google prévoit d'investir massivement dans ses data centers, comme ses concurrents. Mais ces investissements doivent être optimisés : il ne s'agit plus seulement de traiter le maximum de données le plus vite possible, mais aussi d'aller chercher la bonne information au bon moment, tout en anticipant les prochaines demandes.
En parallèle, Google renforce ses offres d'IA pour les entreprises, notamment avec Gemini Enterprise, une plateforme permettant de créer et encadrer des agents IA. L'objectif est clair : convaincre les entreprises de développer de nombreux usages sur Google Cloud, puis de les faire fonctionner grâce aux puces maison de Google. Côté Bourse, Alphabet (la maison-mère de Google) progresse de 8% à Wall Street en 2026 (+65% l'an dernier). Et Nvidia ? Respectivement +12% et 39%.
Le lexique : l'inférence
L'inférence désigne la phase où un modèle d'intelligence artificielle déjà entraîné est utilisé pour produire une réponse. Par exemple, lorsqu'un utilisateur pose une question à ChatGPT, le modèle ne réapprend pas tout depuis zéro : il applique ce qu'il a déjà appris pour générer une réponse.
C'est une étape différente de l'entraînement, qui consiste à nourrir le modèle avec d'immenses quantités de données pour lui apprendre à reconnaître des schémas. L'inférence correspond donc à l'usage concret de l'IA au quotidien. Avec le développement des agents IA, cette phase devient de plus en plus importante, car elle nécessite énormément de puissance de calcul dans les data centers.










