Après le rebond de la semaine dernière, Paris reculait (-0,92%), tout comme Francfort (-1,03%), Londres (-0,45%) et Milan (-0,80%), un peu plus de 30 minutes après l'ouverture.
A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 0,74% à 56.502,77 points. A Séoul, l'indice phare Kospi a lâché 0,86%.
Vendredi, les marchés boursiers avaient terminé la semaine dans l'attente des négociations entre l'Iran et les États-Unis.
Finalement, les négociations au Pakistan n'ont pas abouti. L'armée américaine a annoncé dimanche qu'elle imposerait à partir de lundi à 14H00 GMT un blocus aux « navires de toutes nationalités entrant ou sortant des ports et zones côtières iraniens ».
Pétrole : « de l'huile sur le feu »
Ce regain de tensions autour du détroit d'Ormuz a provoqué une nouvelle hausse des prix du pétrole, le principal indicateur qui rassure, préoccupe ou affole les marchés boursiers.
Le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en mai rebondissait de 7,13% à 103,46 dollars vers 07H20 GMT.
Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin, référence mondiale, s'échangeait à 101,54 dollars, en hausse de 6,66%.
« L'échec des négociations ce week-end entre l'Iran et les États-Unis était probable mais la décision de D. Trump de bloquer le détroit d'Ormuz l'était moins », résument les analystes de Natixis. « Le blocus du détroit vient rajouter de l'huile sur le feu sur les prix des matières premières ».
« Pour autant, tout n'a pas été négatif ce week-end, notamment pour l'Europe. En effet, la défaite de Viktor Orban en Hongrie laisse présager une Europe plus forte, unie, une Europe qui en aura bien besoin compte tenu du contexte géopolitique mondial », ajoute Natixis.
« Le marché a intégré une prime de risque supplémentaire à la suite de l'échec des négociations entre les Américains et les Iraniens. Bonne nouvelle, il n'y a toutefois pas de panique pour l'instant », estime Christopher Dembik, conseiller investissement senior chez Pictet (groupe bancaire spécialisé dans la gestion de fortune et d'actifs).
« Plusieurs routes alternatives sont désormais pleinement opérationnelles pour transporter le pétrole. Ce n'est évidemment pas suffisant pour compenser les retombées du blocage du détroit d'Ormuz. Mais cela permet d'apaiser un peu les craintes concernant un choc d'offre pétrolier durable », ajoute-t-il.
« Bien que les prix du pétrole soient remontés au-dessus du seuil de 100 dollars, le fait qu'ils ne soient pas revenus à leur plus haut d'avant le cessez-le-feu, au-delà de 111 dollars le baril pour le Brent, a limité les ventes d'actifs risqués en ce début de semaine », souligne Kathleen Brooks, directrice de recherche pour la plateforme d'investissement XTB.
Outre le Moyen-Orient, qui accapare leur attention depuis un mois et demi, les investisseurs auront cette semaine aussi un il sur le résultat trimestriel des banques américaines.
« Les investisseurs vont tenter un exercice d'équilibriste entre les obstacles géopolitiques et les impulsions microéconomiques », avance Andreas Lipkow pour CMC markets.
Les taux se maintiennent très haut
Anticipant des risques d'inflation, les taux d'intérêt restaient élevés sur le marché obligataire (la dette des États principalement).
Le rendement de la dette allemande à dix ans se maintenait à 3,05%, tout comme son équivalent français (3,70%). Les taux américains à dix ans affichent un rendement de 4,33% contre 4,32% le jour précédent.
Le marché obligataire anticipe un relèvement des taux d'intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) pour réduire l'abondance des liquidités qui peuvent nourrir l'inflation.
« En Europe, les taux se sont nettement retendus, les anticipations de politique monétaire devenant plus restrictives. Les tensions géopolitiques et les prix élevés de l'énergie continuent d'alimenter les craintes inflationnistes », résume le gestionnaire d'actifs Aurel.














