Same old song

On prend les mêmes et on recommence ! Les grands indices boursiers continuent d'hésiter ce vendredi, avec en toile de fond l'espoir d'un accord entre les États-Unis et l'Iran pour prolonger le cessez-le-feu au Moyen-Orient. À la clôture, le CAC 40 cède un petit 0,07%, à 8 183 points, après avoir passé l'essentiel de la séance dans le vert. Sur la semaine, il progresse de 0,83%. Cette nuit, Tokyo a signé une forte hausse de 2,53%. Mais comme toujours ? prudence ! Le texte n'est pas finalisé et doit être validé par Trump. Autant dire que tout est encore possible, on n'en serait pas au premier revirement de situation.

En tout cas, cette perspective de résolution diplomatique fait baisser les prix du pétrole : le baril de Brent cède 1,5% sur la séance, à 92$ (-10% sur la semaine). Aux États-Unis, Wall Street poursuit aussi sa progression. Si vous nous lisez régulièrement, vous n'allez pas être surpris si on vous dit que les indices américains battent de nouveaux records historiques aujourd'hui grâce aux espoirs de paix et à l'IA. Comme un air de déjà-vu pour cette dernière séance de la semaine. Dans cette édition, nous revenons notamment sur l'explosion haussière de Dell. Mais pas que ? Bonne lecture et excellent week-end à tous !

Les valeurs

1 - Derichebourg a publié de meilleurs résultats que prévu, portés par la reprise du recyclage des métaux et par la hausse des prix du cuivre et de l'aluminium. Entre octobre 2025 et mars 2026, le chiffre d'affaires du groupe a atteint 1,83 milliard d'euros, en hausse de 7,9% sur un an. L'activité de recyclage, qui représente plus de 90% des ventes, a fortement soutenu cette progression. La rentabilité s'est aussi améliorée, dépassant les attentes des bureaux d'analyse. Le bénéfice net a augmenté de 16,6%, à 73,5 millions d'euros. Derichebourg a également rassuré malgré les difficultés d'Elior, dont il possède près de la moitié du capital. Elior avait en effet récemment déçu le marché avec des résultats en forte baisse, ce qui avait fait chuter son action de 26,8% en une seule séance.

Grâce à ce bon semestre, Derichebourg a relevé ses objectifs annuels. Le groupe vise désormais entre 350 et 370 millions d'euros de profit opérationnel sur l'exercice, contre une précédente prévision de 320 à 350 millions d'euros. La direction se montre plus confiante pour la fin de l'année, notamment grâce à une demande attendue plus forte et à de nouvelles lignes de traitement de métaux. Derichebourg avance aussi sur son projet de rachat de Scholz Recycling, un grand acteur allemand du recyclage. Le groupe espère finaliser l'opération au second semestre, même si le prix de l'acquisition et les gains attendus n'ont pas encore été dévoilés. En hausse de 6,35% à 10,14 ?, Derichebourg signe ce soir la meilleure performance du SBF 120 et s'envole désormais de 49% depuis le début de l'année.

2 - Carton plein ! L'américain Dell profite fortement de l'essor de l'intelligence artificielle. Sur un an, son chiffre d'affaires a bondi de 88% et son bénéfice d'exploitation (voir lexique) de 214%. Les ventes de serveurs destinés à l'intelligence artificielle ont été multipliées par huit, au point de devenir la principale source de revenus du groupe. Même les serveurs plus classiques se portent bien, avec des revenus qui ont doublé en un an. Cette réussite a clairement convaincu Wall Street : l'action explose de 30% pour le moment, à 414$ (+227% en 2026). Le groupe a aussi annoncé un important contrat avec le Pentagone, proche de 10 milliards de dollars, ce qui renforce encore l'enthousiasme autour de l'entreprise.

Dell semble donc avoir réussi son pari : relancer sa croissance grâce à l'intelligence artificielle après une période difficile. L'entreprise atteint désormais les meilleures marges de son histoire et pourrait continuer à distribuer beaucoup de cash à ses actionnaires, comme l'an dernier avec environ 8 milliards de dollars versés, principalement via des rachats d'actions. Mais cette forte hausse crée aussi de fortes attentes. Comme Dell est désormais très bien valorisée en Bourse, l'entreprise devra continuer à afficher une croissance solide pour justifier l'optimisme des investisseurs. Affaire à suivre !

Le coin des smalls : Pierre & Vacances

L'action Pierre & Vacances gagne 5,42% ce vendredi, à 1,95 ?, après la publication de solides résultats semestriels. Le groupe a réalisé 816,8 millions d'euros de chiffre d'affaires, en hausse de 1,8%, et maintient son objectif de rentabilité à 185 millions d'euros pour l'année. Les bureaux d'études restent confiants, notamment grâce à des réservations bien orientées : plus de 70% de l'objectif annuel serait déjà sécurisé. Malgré la hausse de certaines taxes aux Pays-Bas et en Belgique, Pierre & Vacances devrait compenser une partie de cet impact par des économies supplémentaires.

Globalement, le groupe profite d'une situation financière saine, avec une trésorerie positive, ainsi que de l'attractivité de son offre dans le tourisme de proximité. Les bureaux d'analyse Oddo BHF et TP ICAP Midcap recommandent toujours l'achat du titre, avec un objectif de cours commun fixé à 2,30 euros, soit un potentiel de hausse d'environ 20%. Depuis le début de l'année, l'action éligible au PEA-PME progresse de 3% à la Bourse de Paris.

Le secteur de la semaine

Conso & Loisirs : chacun sa piste. Le secteur de la Consommation & Loisirs entre dans une zone de turbulences révélatrices. Entre revues stratégiques au long cours, pertes de concessions emblématiques et offensives réglementaires venues d'Amérique latine, les Small & Mid caps françaises du tourisme, des loisirs et des services aux salariés livrent cette semaine un panorama contrasté. Trois dossiers concentrent l'attention, et chacun raconte une histoire bien différente.

France : l'économie sous pression

C'est tombé ce matin et ce n'est pas glorieux ? L'économie française montre de nouveaux signes de faiblesse. Le PIB recule de 0,1% au premier trimestre, alors que les prix continuent d'augmenter. En mai, l'inflation atteint 2,4% sur un an, après 2,2% en avril et 1,7% en mars. Cette situation inquiète, car une nouvelle baisse de l'activité au deuxième trimestre ferait entrer la France en récession.

En cause, la consommation des ménages ralentit. Elle a baissé de 0,2% au premier trimestre, avec moins d'achats de biens. Face à l'incertitude, les Français épargnent à un niveau historique : le taux d'épargne remonte à 17,9%. La hausse des prix vient surtout, et sans grande surprise, de l'énergie, en raison du conflit au Moyen-Orient et de la flambée du pétrole et du gaz. Les tarifs de référence du gaz ont augmenté de plus de 15% en mai. Certains secteurs très consommateurs d'énergie, comme la chimie, le plastique ou le verre, sont déjà fortement touchés. Les transports pourraient aussi devenir plus chers.

En parallèle, le gouvernement veut limiter le déficit public à 5% de la richesse nationale en 2026. Pour cela, des économies dans les dépenses de l'État ont été annoncées, et d'autres devraient suivre. Les premières estimations étaient de 6 milliards d'euros d'économies, mais ce montant devrait être revu à la hausse. Troisième teasing, et ce n'est pas le meilleur : clairement, ce sera très insuffisant pour redresser la barre !

Le monde d'après : Anthropic dépasse OpenAI

Anthropic connaît une croissance très rapide et prend de l'avance sur OpenAI dans la course à l'intelligence artificielle. L'entreprise américaine vient de lever 65 milliards de dollars, ce qui porte sa valeur à 965 milliards de dollars, tout près du seuil symbolique des 1 000 milliards. Cette progression s'explique surtout par le succès commercial de ses outils d'intelligence artificielle, comme Claude Code et Claude Cowork, très utilisés par les entreprises.

Anthropic affirme que ses revenus annualisés ont dépassé 47 milliards de dollars, contre 30 milliards quelques mois plus tôt. En six mois, ses prévisions de recettes pour les douze mois à venir ont été multipliées par cinq. OpenAI (ChatGPT) est désormais derrière, avec 24 milliards de dollars de revenus annualisés en avril, même si l'entreprise conteste les comparaisons directes. Sur le plan financier, Anthropic dépasse aussi OpenAI, valorisée à 852 milliards de dollars lors de sa dernière levée de fonds. En revanche, elle reste loin derrière SpaceX, qui viserait 1 750 à 2 000 milliards de dollars de valorisation lors de son introduction en Bourse en juin.

Les grandes entreprises d'intelligence artificielle cherchent plus que jamais à séduire les investisseurs. SpaceX (Grok) est déjà officiellement engagée dans son processus d'introduction en Bourse, OpenAI s'en rapproche, et Anthropic prépare aussi le terrain. Cette course aux capitaux est essentielle, car ces entreprises dépensent des sommes énormes pour acheter des dizaines de milliers de processeurs, indispensables au développement de leurs technologies. La guerre de l'IA ne fait que commencer !

Le lexique : Bénéfice d'exploitation

Le bénéfice d'exploitation correspond au résultat qu'une entreprise réalise grâce à son activité principale, avant de tenir compte des éléments financiers, des impôts ou des événements exceptionnels. Il permet de mesurer si le c ?ur de métier de l'entreprise est rentable. Par exemple, pour une entreprise qui vend des vêtements, le bénéfice d'exploitation indique ce qu'elle gagne avec la vente de ses produits, après avoir payé ses coûts habituels comme les salaires, les loyers, les matières premières ou la publicité, mais avant les intérêts d'emprunt et les impôts. C'est un indicateur financier majeur.