Dans sa décision du 1er avril 2026, « la Commission des sanctions a prononcé à l'égard de la société Kerdiz Finance et Conseil une sanction pécuniaire de 300.000 euros et à l'égard de chacun de ses dirigeants à l'époque des faits (...) une sanction pécuniaire de 75 000 euros », détaille le gendarme boursier dans un communiqué de presse.
Ces sanctions sont assorties d'une interdiction temporaire d'exercer l'activité de conseiller en investissements financiers pendant une durée de 5 ans, précise l'AMF.
Le représentant du collège de l'AMF avait requis lors d'une séance de la commission en février une amende de 300.000 euros contre la société, de 100.000 euros contre son ancien directeur général et actuel président, et de 75.000 euros contre son ancien directeur général délégué. Les faits reprochés s'étendent de janvier 2020 à juin 2023.
La commission des sanctions a relevé que Kerdiz Finance s'était présentée à tort comme entité agréée en tant que prestataire de services d'investissements alors qu'elle n'en avait pas la qualité, et avait affirmé de manière inexacte disposer d'une autorisation de l'AMF pour commercialiser certains produits financiers, en l'occurrence les titres Vivat Multitalent.
Par ailleurs, le gendarme boursier a pointé des défaillances dans la gestion des risques de conflits d'intérêts entre Kerdiz Finance et le groupe Vivat Multitalent, Vivat étant présent à hauteur de près de 30% au capital de Kerdiz.
Sur les titres Vivat Multitalent conseillées par Kerdiz Finance, la commission a considéré que Kerdiz n'a ni appliqué ses propres procédures de contrôle des produits, ni recueilli les informations nécessaires à la bonne compréhension des produits proposés aux clients. La commission lui reproche également d'avoir conseillé à ses clients des titres alors que leur commercialisation en France était interdite.
Par ailleurs, la commission des sanctions a retenu que Kerdiz Finance avait manqué à ses obligations professionnelles en ayant procédé à une campagne de démarchage concernant une offre d'investissement agricole en Guyane « pour laquelle le risque de pertes est supérieur au montant de l'apport financier initial ». Cette décision peut faire l'objet d'un recours.
















