Les marchés : Un grand jour

La Bourse de Paris recule légèrement ce jeudi (-0,36% à 8 399 points), influencée par les tensions géopolitiques entre Washington et Téhéran et par des résultats décevants de plusieurs grands groupes. Airbus chute de 6,8% à cause de retards de livraisons de moteurs qui freinent ses objectifs annuels, tandis que Renault (-3,1%) voit sa marge opérationnelle baisser à 5,5%. Euronext recule également (-3,2%) après des prévisions de dépenses plus élevées que prévu. À l'inverse, Orange gagne 7,5% grâce à de solides perspectives financières et un dividende prometteur. Hors indice, Eramet plonge d'environ 24% après avoir annoncé une augmentation de capital et la suspension de son dividende, alors qu'Air France-KLM progresse de 11,8% avec des résultats meilleurs que prévu. C'était une séance chargée en rapports annuels ! Par ailleurs, le pétrole continue de monter (+2%) par crainte, à nouveau, d'un conflit entre les États-Unis et l'Iran, le baril de Brent approchant les 72 dollars. Les tensions sont alimentées par le déploiement militaire américain dans le Golfe et des exercices navals iraniens dans le détroit d'Ormuz. Wall Street évolue pour le moment à l'équilibre. Bonne lecture !

Les valeurs : Orange, Nexans et Eramet

Orange L'opérateur historique français progresse de 7,46% à 18,14€ après la publication de résultats annuels solides et la présentation de son nouveau plan stratégique “Trust the Future” pour 2026-2028. Le groupe vise une croissance annuelle d'environ 3% de son indicateur clé de rentabilité et une hausse moyenne de 12% par an de sa génération de trésorerie, avec un objectif de 5,2 milliards d'euros en 2028. Le dividende est également revalorisé, avec un plancher fixé à 85 centimes par action à horizon 2028. Ces objectifs sont jugés crédibles par les bureaux d'études et légèrement supérieurs aux attentes du marché, ce qui rassure les investisseurs.

Les résultats 2025 dépassent par ailleurs légèrement les prévisions, malgré un contexte concurrentiel tendu en France. Orange met en avant la discipline de ses investissements, sa montée en puissance de l'Afrique et du Moyen-Orient, ainsi que le développement de nouveaux services dans le cloud, la cybersécurité et l'intelligence artificielle. Le marché salue la visibilité offerte par ce plan, la solidité de la génération de trésorerie et la capacité du groupe à améliorer progressivement sa rentabilité, dans un secteur souvent perçu comme peu dynamique. Après avoir gagné 56% en 2025, le groupe progresse de 27,5% depuis le début de l'année.

Nexans Le spécialiste des câbles industriels décroche en Bourse ! Le titre chute de 7,25% à 126,60€, sanctionné pour des objectifs 2026 jugés trop prudents malgré des résultats 2025 solides. Le groupe a pourtant affiché une solide dynamique, avec un chiffre d'affaires en croissance de 8,3% à 6,1 milliards d'euros et un résultat opérationnel en hausse de plus de 27% à 728 millions d'euros. Porté par la forte demande en câbles liés à l'électrification et à la transition énergétique, notamment dans le transport d'électricité, Nexans a enregistré une fin d'année particulièrement robuste.

Mais ces performances restent en deçà des anticipations du marché, qui tablait sur une rentabilité plus élevée. La déception se concentre surtout sur 2026. La direction vise un résultat opérationnel compris entre 730 et 810 millions d'euros et une génération de trésorerie nettement inférieure aux attentes des bureaux d'analyse. Après deux années de croissance très soutenue dans le segment des grands projets électriques, le groupe anticipe un retour à un rythme plus normal. Cette prudence et un début d'année plus mou pèsent sur le titre, qui revient à l'équilibre depuis janvier.

Eramet C'est la plus forte chute du SBF 120 ! Eramet chute de 23,68% à 46,10€ après la publication de résultats 2025 très dégradés et l'annonce d'un projet de recapitalisation. Le groupe minier a enregistré une perte nette de 477 millions d'euros, contre un léger bénéfice un an plus tôt, pénalisé par la chute des prix du manganèse et des sables minéralisés ainsi que par d'importantes dépréciations d'actifs. Son chiffre d'affaires recule de 7% et son résultat opérationnel s'effondre de plus de 50%, illustrant une année particulièrement difficile. Cette contre-performance intervient en pleine crise de gouvernance, après le départ du directeur général et la suspension du directeur financier.

Face à une dette nette proche de 2 milliards d'euros, la direction prévoit de renforcer ses fonds propres à hauteur de 500 millions d'euros en 2026, via une augmentation de capital soutenue par ses principaux actionnaires, dont l'État français. Si cette opération doit assainir le bilan et réduire fortement le niveau d'endettement, elle fait craindre une dilution pour les actionnaires actuels. Dans l'attente de précisions sur les modalités de cette recapitalisation et sur la future gouvernance, le marché reste sous pression et sanctionne le titre. Depuis le début de l'année, le titre éligible au PEA-PME recule de 20%.

Demain à la Une : Programme chargé

La dernière séance de la semaine devrait être animée. Au programme : la mesure d'inflation préférée de la Fed (le PCE Core) et une salve de nouveaux indices d'activité économique en zone euro et aux États-Unis. Par ailleurs, le géant américain de la grande distribution Walmart publiera ses résultats annuels ce soir, après la clôture. Le marché devra donc les digérer demain. En France, la séance sera marquée par les rapports d'Air Liquide et Danone. On en reparle demain soir.

Le lexique : Les ETF

Les ETF (ou Exchange-Traded Funds) sont des fonds d'investissement cotés en Bourse qui regroupent un ensemble d'actifs, comme des actions, des obligations ou des matières premières. Ils cherchent généralement à reproduire la performance d'un indice de référence comme le S&P 500 ou le CAC 40. Cette approche dite « passive » nécessite très peu de recherche, d'analyses et d'arbitrages quotidiens, ce qui réduit fortement les coûts de fonctionnement. Les économies réalisées sur ces frais de gestion se répercutent directement sur la performance du produit. Par ailleurs, les ETF se négocient tout au long de la journée comme une action ordinaire, ce qui permet de les acheter ou de les vendre facilement, souvent avec des coûts inférieurs à ceux des fonds traditionnels. Grâce à leur structure diversifiée et transparente, ils offrent aux investisseurs un moyen simple d'accéder à différents marchés ou thématiques d'investissement.