Les marchés : La Fed attaquée, l'or couronné
Les marchés financiers commencent la semaine sur la retenue. Les investisseurs s'inquiètent d'une possible remise en cause de l'indépendance de la Réserve fédérale américaine. Son président, Jerome Powell, a révélé que la Fed avait reçu une convocation judiciaire du ministère de la Justice.
Officiellement, cela concernerait une audition passée au Sénat sur la rénovation des bâtiments de l'institution. Mais selon lui, il s'agit surtout d'une pression politique liée au refus de la Banque centrale de baisser ses taux, comme le souhaite Donald Trump depuis le début de son second mandat.
Ces déclarations ont tendu les marchés. À New York comme à Paris, les grands indices ont perdu un peu de terrain ce lundi, avant de se redresser. Ils limitent en effet grandement la casse en cette fin d'après-midi, après des baisses plus marquées durant la séance : le CAC 40 abandonne finalement un modeste 0,04% à 8 359 points (+2% la semaine dernière).
Les bureaux d'études estiment que si l'indépendance de la Fed est réellement menacée, cela pourrait remettre en question la solidité du dollar et la confiance globale dans les actifs américains. Par ailleurs, c'est une semaine chargée qui attend les marchés.
Les grandes banques américaines vont donner le coup d'envoi de la saison des résultats annuels des entreprises, et de nouveaux chiffres d'inflation seront publiés aux États-Unis. Dans ce contexte tendu, l'or atteint aujourd'hui un nouveau record historique.
Les valeurs : Capgemini, Alphabet et Eutelsat
Capgemini Après avoir gagné près de 30% entre mi-octobre et début janvier, portée par l'espoir d'un redémarrage de l'activité en 2026, l'action Capgemini corrige ce soir de 4,24% à 144,45€, signant l'une des plus fortes baisses du CAC 40. En toile de fond, un bruit de marché, relayé par une note de Morgan Stanley, qui a dégradé son opinion sur le titre.
À ce stade, il s'agit simplement d'une d'une appréciation d'un analyste. La banque américaine estime que l'essor de l'intelligence artificielle pourrait, à terme, peser sur le modèle des sociétés de services numériques, via une pression sur les prix et certains métiers. Elle abaisse légèrement son objectif de cours à 142€ (contre 145€ précédemment), sous le niveau actuel, et juge la croissance future de Capgemini limitée.
Une lecture plus prudente que celle du marché ces dernières semaines, qui rappelle que, derrière l'enthousiasme boursier, le débat sur l'impact réel de l'IA reste ouvert et alimente surtout des anticipations... encore théoriques à ce stade.
Alphabet La maison-mère de Google a brièvement atteint un niveau symbolique ce lundi, en franchissant pour la première fois le seuil des 4 000 milliards de dollars de capitalisation boursière. Une étape historique pour Alphabet, portée par l'enthousiasme autour de l'intelligence artificielle.
Après ce passage éclair dans le club très fermé des géants à 4 000 milliards, l'action est revenue à l'équilibre et évolue actuellement autour des 329$, illustrant une séance plus symbolique que réellement euphorique. Cette prouesse repose en grande partie sur la montée en puissance de l'écosystème IA du groupe, notamment ses propres puces dédiées, concurrentes à celles de Nvidia.
Meta étudierait la possibilité d'utiliser les puces IA de Google dans ses centres de données à partir de 2027. À ce stade, aucune confirmation officielle, mais la rumeur suffit à nourrir le scénario d'un Alphabet capable de réduire la dépendance du secteur à Nvidia. Après une hausse de 65% en 2025 et encore +5% depuis le début de l'année, son parcours boursier reste impressionnant, même si le marché marque une pause logique après avoir tutoyé les sommets.
Eutelsat Le titre éligible au PEA-PME s'envole ce lundi, en hausse de 14,82% à 2,20€, portant son rebond à près de 30% depuis le début de l'année. Le marché salue l'annonce d'une nouvelle étape clé dans le déploiement de la constellation de satellites OneWeb, alors que l'opérateur européen confirme sa montée en puissance sur le segment stratégique de la connectivité en orbite basse. Dans le détail, Eutelsat a commandé 340 nouveaux satellites OneWeb à Airbus, en complément des 100 unités déjà commandées fin 2024.
Ces appareils seront assemblés à Toulouse et livrés à partir de la fin de l'année. L'objectif est d' assurer la continuité du service en remplaçant progressivement les premiers satellites arrivant en fin de vie, tout en renforçant un réseau déjà fort de plus de 600 satellites opérationnels. Une annonce qui conforte le positionnement unique d'Eutelsat comme seul acteur européen pleinement opérationnel face à Starlink, et ravive l'intérêt des investisseurs pour un dossier redevenu très spéculatif en Bourse.
Le monde d'après : La Fed (encore) menacée
La tension monte d'un cran sur les marchés financiers. Les cours de l'or et de l'argent ont inscrit de nouveaux records historiques après les déclarations explosives de Jerome Powell, dénonçant des pressions politiques et la menace de poursuites judiciaires visant la Réserve fédérale.
Dans ce climat de défiance institutionnelle, l'or s'est hissé à 4 620 dollars l'once, tandis que l'argent a frôlé les 85 dollars, confirmant leur statut de valeurs refuges absolues lorsque la crédibilité monétaire vacille. En toile de fond, c'est l'indépendance même de la Banque centrale américaine qui est attaquée. Jerome Powell a accusé l'administration Trump de chercher à influencer les décisions de politique monétaire de l'institution, estimant que ces menaces judiciaires sont liées aux choix de taux de la Fed.
Un signal très fort, inhabituel dans la communication feutrée de la Banque centrale, et qui a immédiatement pesé sur le dollar, en repli face aux grandes devises. Le billet vert paie désormais le prix de cette confrontation ouverte avec le pouvoir politique incarné par Trump. Si les taux obligataires restent pour l'instant relativement stables, le message envoyé aux investisseurs est clair : quand la frontière entre politique et Banque centrale devient floue, la confiance se déplace vers les actifs tangibles. L'or et l'argent en profitent pleinement, le dollar encaisse le choc. Affaire à suivre !
L'agenda du lundi : Inflation US et résultats d'entreprises
C'est une semaine importante qui débute pour les marchés. L'inflation américaine de décembre sera publiée demain. Mercredi, place à la balance commerciale chinoise. Jeudi, les investisseurs surveilleront l'inflation française et le PIB britannique. Vendredi enfin, ce sera au tour de l'Allemagne de publier ses chiffres d'inflation.
Les États-Unis dévoileront également leur production industrielle de décembre. Surtout, Wall Street lancera dans les prochains jours le coup d'envoi de la saison de publication des résultats annuels des grands groupes mondiaux. Ce sera l'une des actualités centrales à suivre dans les semaines à venir.
Demain à la Une : Coup d'envoi !
Ce mardi sera en effet marqué par les derniers chiffres d'inflation aux États-Unis. Tous prix confondus, le marché s'attend à ce qu'elle reste stable d'un mois à l'autre, à +2,7% sur un an. En cas de résultat inférieur, Wall Street devrait faire le pari que la Fed abaissera ses taux plus tôt que prévu dans les prochains mois, avec possiblement à la clé une nouvelle hausse des indices boursiers.
Après la clôture des marchés, JPMorgan publiera demain soir ses résultats financiers de 2025 et donnera le coup d'envoi officiel de la saison des résultats. Comme le veut la tradition, d'autres grandes banques suivront le mouvement dans le courant de la semaine.
Le lexique : L'once
L'once est une unité de mesure utilisée pour peser l'or et les métaux précieux. Il s'agit plus précisément de l'once troy, qui correspond à environ 31,10 grammes. C'est la référence internationale sur laquelle se basent les marchés : le prix de l'or est toujours exprimé par once, ce qui permet de comparer facilement sa valeur d'un pays à l'autre et d'assurer une cotation uniforme à l'échelle mondiale.










