La mesure est destinée à pousser les industriels à réduire le taux de sucre dans leurs recettes, mais elle suscite une levée de boucliers de leur part.
Le vote est loin d'être définitif : l'adoption du budget de la Sécurité sociale par les députés lors de cette première lecture paraît hautement improbable et le texte devra aussi être discuté au Sénat.
Jeudi, les députés Les Républicains, RN et leurs alliés ciottistes ont unanimement voté pour des amendements supprimant la mesure, adoptés par 86 voix contre 58.
Les députés MoDem, LFI, socialistes, écologistes et les indépendants Liot se sont opposés à la suppression de cet article du texte, tandis que les groupes Horizons et Renaissance se sont divisés.
Le gouvernement a prévu dans son texte d'instaurer une taxe sur les « produits transformés préemballés » les plus riches en sucre, notamment les viennoiseries, pâtisseries, biscuits et gâteaux industriels, céréales pour le petit-déjeuner, glaces, barres céréalières, ainsi que les confiseries et produits chocolatés.
Des paliers sont destinés à inciter les industriels à changer la formulation de leurs produits et in fine à lutter contre les maladies associées (maladies cardiovasculaires, diabète...).
« Cet article, c'est éviter la survenue de nouveaux malades », a lancé Cyrille Isaac-Sibille (MoDem).
Mais cette taxe « n'est pas suffisamment dés-incitative pour opérer un changement de consommation » et « va venir grever le pouvoir d'achat de nos concitoyens », a critiqué Justine Gruet (LR), insistant plutôt sur l'importance de l'éducation à l'alimentation.
« Vous voulez indexer le financement de la Sécurité sociale sur des taxes, c'est-à-dire sur la consommation », donc « des ressources fluctuantes », a fustigé Christophe Bentz (RN), dont le groupe était particulièrement mobilisé en nombre de députés.
Pour un paquet de gâteaux, la taxe représenterait moins de huit centimes d'euros, a répondu la ministre de la Santé, Stéphanie Rist.
Et ce seulement « si l'industriel refuse de descendre un tout petit peu sa quantité de sucre. Donc non, ce n'est pas un sujet de pouvoir d'achat », a-t-elle ajouté.
Le rendement attendu de la taxe est estimé à environ 300 millions d'euros par le gouvernement.
La ministre a déclaré que la « taxe soda » déjà existante a entraîné une diminution de la quantité de sucre dans ces sodas par les industriels.
Alors que « 80% » des enfants « consomment aujourd'hui une quantité de sucre qui dépasse les maximales », cet outil « a montré son efficacité », a-t-elle martelé.



















