Plan du site Rechercher

Courses : pourquoi vous avez l'impression de payer plus cher

Femme devant un caddie lisant un ticket de caisse
© Goffkein - stock.adobe.com

Depuis le début de confinement, vous êtes nombreux à constater une forte hausse de votre budget consacré aux courses alimentaires. Pourtant, les prix sont stables, selon l’Insee. Comment expliquer cette sensation de flambée des prix ?

Non, la crise du coronavirus n’a pas entraîné de flambée des prix ! Cette affirmation, on l’entend beaucoup, ces derniers temps, dans la bouche des représentants de la grande distribution. Elle est confirmée par les chiffres publiés le 15 avril par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) : en mars, les prix des produits de grande consommation sont restés stables par rapport à février (+0,1%), et n’ont que faiblement progressé sur un an : +1,1% par rapport à mars 2019.

Côté consommateur, le sentiment dominant est pourtant bien différent : vous êtes nombreux à constater une explosion de votre « budget bouffe », souvent à juste titre. Voici quelques éléments qui permettent de comprendre cet apparent paradoxe.

Parce que vous mangez plus souvent à la maison

Avec les fermetures des écoles et la généralisation du télétravail, le nombre de repas pris à domicile a logiquement augmenté. L’épidémie et le confinement ont même mis un terme, sans doute pour longtemps, à une tendance de fond : l’augmentation des repas pris hors du domicile, dont le nombre a augmenté de 4% entre 2017 et 2018, pour atteindre 10,7 milliards, selon une étude du cabinet Gira Conseil.

Pour apprécier l’inflation réelle de votre budget alimentation, il faut donc y intégrer les dépenses habituellement réservées aux repas pris à l’extérieur. Sachant que le prix d’un repas à domicile a toutes les chances d’être plus élevé que celui pris, par vous ou vos enfants, dans une cantine, mais sera probablement inférieur à celui pris dans un restaurant, un food truck ou une sandwicherie : près de 9 euros en moyenne en 2018, toujours selon Gira Conseil

Parce que vous fréquentez moins les hypermarchés

En quelques jours à peine, le confinement a totalement chamboulé nos habitudes de vie, y compris notre manière de nous ravitailler. Le cabinet Nielsen, observateur attentif du marché de la grande distribution, détaille semaine après semaine ces bouleversements. Nous faisons par exemple les courses moins souvent, mais avec des paniers beaucoup plus remplis, et donc plus chers. Le samedi n’est plus LE jour des courses par excellence, supplanté par le vendredi.

Surtout, nous avons tendance, par crainte de la foule ou par respect des consignes de limitation des déplacements, à délaisser les hypermarchés en périphérie, au profit de points de vente plus proches de nos lieux d’habitation : des supérettes et des magasins de détail principalement. Le cabinet Nielsen a ainsi constaté, au cours des premiers jours de confinement, une forte baisse du chiffre d’affaires des hypermarchés (-24% pour les surfaces de plus de 7 500 m2, -14% pour les moins de 7 500 m2), au profit des drives (+65%), mais aussi des magasins de proximité en zone urbaine (+28%) et rurale (+39%).

Cela a évidemment un impact sur la facture. Un même produit, en effet, est mécaniquement plus coûteux dans un supérette de centre-ville que dans un hypermarché, en raison notamment de coûts d’acheminement et de stockage plus élevés. La preuve : selon le magazine spécialisé Linéaires, les prix pratiqués fin 2019 sur une sélection de produits de grande marque variaient, sur une base 100 équivalente au prix moyen, de 94 chez Leclerc, une enseigne spécialisée dans les très grandes surfaces, à 113 chez Monoprix, dont le réseau est composé de petits supermarchés urbains.

Parce que vous êtes contraints d’acheter des produits plus haut de gamme

Les pénuries alimentaires : c’était la grande crainte des consommateurs au cours des premiers jours de confinement. Ces pénuries, finalement, n’ont pas eu lieu. Grâce à la mobilisation de milliers de travailleurs dans les usines, sur les plateformes logistiques, dans les transports et dans les points de vente, les filières ont tenu et les magasins ont continué à être achalandé.

Il y a en revanche des ruptures de stocks ponctuelles. Elles sont liées, surtout, à un réflexe consumériste classique : celui qui consiste, en période de crise, à stocker un peu plus que d’habitude certains produits de première nécessité : des pâtes, de la farine, du pain de mie, du papier toilette, des produits désinfectants… Résultat : les rayons se vident plus vite que d’habitude, en commençant par les produits les plus abordables, et vous vous retrouvez contraints d’opter pour des produits « de substitution » plus haut de gamme et donc plus chers.

Parce que les produits importés à bas coût se font plus rares

Il y a tout de même un rayon où la grande distribution a reconnu que les prix avaient augmenté depuis le début de la crise : celui des fruits et légumes. Selon une étude de l’association de consommateurs UFC-Que Choisir, qui a observé l’évolution des prix de 116 000 produits dans 4 600 drives, ils ont augmenté de 9% en moyenne, et de 12% en bio, entre la semaine du 2 au 7 mars ( 2 semaines avant le confinement) et celle du 6 au 11 avril.

Une hausse assumée : selon Jacques Creyssel, directeur général de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), elle est liée au choix de la grande distribution de s’approvisionner prioritairement en France, pour soutenir l’agriculture nationale. Et donc de diminuer le recours aux produits agricoles à bas coûts venus d’Espagne ou de Pologne. Une « relocalisation » en partie contrainte : la crise du coronavirus, en effet, a compliqué les transports internationaux, et entraîné une forte augmentation de leur coût : +30% selon Laurent Grandin, le président d’Interfel, l'interprofession des fruits et légumes frais.

La grande distribution promet des prix bloqués

Face à la peur de l’inflation chez les consommateurs, les marques de la grande distribution multiplient les signes de bonne volonté. Dernière en date, Système U a annoncé le blocage, jusqu’au 30 août prochain, du prix de 5 000 produits de sa marque distributeur. Leclerc, Carrefour ou encore Intermarché avaient déjà pris des engagements proches.

Partager cet article :

© MoneyVox / VM / Avril 2020

https://www.moneyvox.fr/actu/MoneyVox
Commentaires

Pour ajouter ou interagir avec les commentaires,
vous devez être connecté à votre compte Moneyvox.

Publié le 24 avril 2020 à 13h58 - #1benvoyons
  • Homme
  • Corse
  • 62 ans

Désolé de contredire les termes de cet article, ainsi que les statistiques évoquées, mais quand on achète globalement toujours les mêmes produits, la hausse est vérifiable est incontestable...

Trouvez-vous ce commentaire utile ?Oui9Non1
Publié le 24 avril 2020 à 13h59 - #2djulie59

les jus de fruits qui sont passé de 1,86€ a 2,41€ j'appelle ça une augmentation des prix tout comme les poires qui après le week end sont passé de 2,99€ le kilo a 6€ le kilo et idem pour d'autre fruits et légumes et les boites de conserves qui on pris entre 0,02et 0,10€.
je trouve ça abérant d'osez dire que les prix sont bloqué

Trouvez-vous ce commentaire utile ?Oui7Non0
Publié le 24 avril 2020 à 15h07 - #4Taitoietpaye
  • 31
  • 70 ans

Plaisantin, on voit bien que vous ne prenez pas souvent le caddie.

Trouvez-vous ce commentaire utile ?Oui6Non0
Publié le 24 avril 2020 à 15h35 - #5clara1949
  • Femme
  • Basse-Normandie
  • 71 ans

Si vous ne voulez pas manger du bas de gamme, vous devez acheter des produits de qualité, non traités ou bio. Depuis que nous sommes entrés dans l'euro, les prix ont littéralement EXPLOSE. Quand je vois qu'au supermarché il faut payer 2,95 euro une salade bourrée de pesticides. Souvenez-vous qu'avant l'euro, on payait un kilo de pommes de terre 1 franc (et encore) une salade 50 centimes de franc. Je suis étonnée que les gens n'aient pas réagi car c'était flagrant. En revanche nos économies et nos pensions n'ont pas été multipliées par 6,55.Je plains ceux qui comptent au centime près.

Trouvez-vous ce commentaire utile ?Oui7Non0
Publié le 24 avril 2020 à 16h06 - #6orange

Et oui 6.55957
On mange français mais c'est pas le même prix
Cherchez l'erreur 😁

Trouvez-vous ce commentaire utile ?Oui1Non1
Publié le 24 avril 2020 à 17h24 - #7acuario
  • Homme
  • 87520 Cieux
  • 74 ans

Bonjour , quand le lundi on achète des tomates et autres articles a 1 ou 2 € le kilo , et le mardi les mêmes articles sont a 5 €uros le kg, c'est pour moi, simple : "les sans vergogne " de commerçants sans scrupules pour escroquer et profiter des gens.
Cordialement Acuario 87000

Trouvez-vous ce commentaire utile ?Oui3Non0
Publié le 24 avril 2020 à 18h25 - #9AlB
  • Homme
  • Mantes la Jolie
  • 68 ans

Je ne partage pas le commentaire de votre intervenant : les prix ne cessent d'augmenter. Certes, cela est du au problème de l'approvisionnement mmais aussi de la cupidité de certaines enseignes. Quand on voit des tomates grappes passer de 2,29€, il y 3 semaines à 4,99€ hier à Mantes Buchelay;
Le malheur des uns fait le bonheur des uatres

Trouvez-vous ce commentaire utile ?Oui6Non0
Publié le 24 avril 2020 à 23h11 - #11Jeff77
  • Homme
  • Champs sur Marne
  • 66 ans

Des explications crédibles mais partielles : il ne faut pas prendre les consommateurs pour des idiots . Exemple à Carrefour semaine dernière : un citron que je paie habituellement à la pesée entre 0,38 et 0,40 € la pièce, est passé d'un prix à la pesée à un prix à la pièce de même provenance à 0,60 € = 50 % d'augmentation : astuces habituelles de la grande distribution ... et je pourrais faire une longue liste !!!

Trouvez-vous ce commentaire utile ?Oui4Non0
Publié le 25 avril 2020 à 07h09 - #12Yellowdiver
  • Etampes
  • 47 ans

A MONEYVOX : votre article est par nature trompeur puisque vous citez les chiffres INSEE à fin mars pour affirmer que les prix n’ont pas augmentés. C’est au mieux de la bêtise au pire de l’incompétence,
Il aurait en effet d’abord dû préciser que si les chiffres INSEE n’indiquent pas de hausse des prix, ce constat est à fin mars et qu’il faudra attendre les chiffres de la hausse des prix de fin avril pour affirmer éventuellement que les prix n’ont pas augmentés. Or les chiffres INSEE de la hausse des prix à fin avril ne seront connus au mieux que dans la 2nde quinzaine de mai. Tout bon journaliste économique devrait savoir cela avant de titre un article comme vous l’avez fait !
Ensuite vous confondez allègrement hausse des prix réel avec hausse du budget ... et en désignant les consommateurs comme responsable d’un ressenti. Il est certes vrai que les dépenses augmentent du fait qu’on est plusieurs à manger le midi chez nous ou que nous achetions peut être des aliments
plus haut de gamme mais ça cela induit une augmentation du budget que chacun d’entre nous alloue à l’alimentaire et cela n’a rien à voir avec la hausse des prix qui est censée être calculée sur un panier moyen.
Vous avez donc utilisé les chiffres INSEE de façon incohérente pour exprimer une idée qui au mieux n’est pas vérifiée de façon honnête et transparente et au pire est le fruit d’une incompétence rare à ce niveau.
Moi qui lis très régulièrement vos articles et qui jusqu’à présent ne trouvait rien à y redire, je suis déçu....

Trouvez-vous ce commentaire utile ?Oui5Non0
Publié le 25 avril 2020 à 11h29 - #13cristou13

Oui vous avez raison ,j'ai constaté la baisse des prix des bonnets en laine,des chaussettes chauffantes, de la ferrari sf90 spider, des pots de chambre ,des violoncelles , de la mort au rat, des ours en peluche,de l'encyclopédie tout l'univers, du minitel,de l'abonnement a pif gadget..................

Trouvez-vous ce commentaire utile ?Oui5Non0
Publié le 26 avril 2020 à 12h03 - #14Foufur
  • 92
  • 100 ans

Ça ne vous rappelle rien ? « Mais non, l’Euro n’a pas fait augmenter les prix, voyons, c’est dans vos têtes tout ça ». PARDON ?? C’est à croire que celui qui rédige cet article n’a jamais fait ses courses. Bien sûr que les prix ont flambé et ce n’est pas une impression ! Bien sûr on sur-stocke un peu, et le choix n’est pas identique. Mais dans l’ensemble on arrive à acheter nos produits habituels. A Monoprix (92) mon caddie plein à pris +50%. Propre et net. Vivement la réouverture des marches pour redonner mon argent aux maraîchers et producteurs.

Trouvez-vous ce commentaire utile ?Oui3Non0