La France compte environ 10.000 stations-service, dont 9.000 sont référencées dans les bases de données du gouvernement. Près d'un millier ne sont pas enregistrées car elles écoulent des petits volumes, moins de 500 mètres cubes par an.
On ne connait pas forcément les tarifs de ces petites stations, parfois adossées à des garages ou dépôts de colis, souvent élevés car elles font office de dépannage notamment à la campagne. Parmi elles, il y a aussi des petites stations TotalEnergies.
Selon un calcul de l'AFP fondé sur les prix affichés des 9.000 stations-service référencées, le gazole s'établissait à plus de 2,39 euros le litre vendredi, au-dessus du précédent sommet d'avril. Une trentaine de stations affichaient un prix au delà-de 2,80 euros, notamment sur les autoroutes, comme l'A10 par exemple.
Francis Pousse, président de la branche stations-services du réseau français Mobilians, explique que le prix payé par les consommateurs est en réalité souvent supérieur à cette moyenne, qui est tirée vers le bas par le plafonnement des prix dans quelque 3.400 stations TotalEnergies : actuellement à 1,99 euro pour l'essence et 2,25 euros pour le gazole.
« Quand ces stations Total sont en rupture, le consommateur est obligé de payer plus cher que la moyenne nationale, il n'a pas le choix », explique-t-il à l'AFP. « Chez les purs indépendants, on est plutôt dans du 2,50 à 2,55 euros le litre de gazole, et les grandes surfaces sont de 10 à 15 centimes moins cher », a-t-il détaillé.
Il juge toutefois que « les stations proches de trois euros », « c'est de l'abus, même sur l'autoroute ».
Sur autoroute, le carburant est traditionnellement plus cher. Pour M. Pousse, cela s'explique car « vous devez un service 24/24 avec du personnel ». Par ailleurs, ces stations ne doivent « jamais être en rupture » et les sociétés paient également « une redevance » aux concessionnaires autoroutiers comme Vinci par exemple.
La concurrence est en outre moindre, sauf à quitter l'autoroute et multiplier les kilomètres.
Quant aux pompes à essence des grandes surfaces, où les Français font souvent le plein, « le carburant est pour eux un produit d'appel, ils peuvent faire des opérations à prix coutant pour attirer des clients et faire des marges conséquentes sur les produits qu'ils vont vendre par ailleurs », explique à l'AFP Jacques Goisque, directeur général de la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage (FF3C), représentant un millier de stations-service indépendantes.
« Ils ont une force de négociation beaucoup plus importante que les indépendants », ajoute-t-il, ce qui explique leurs prix généralement attractifs. Mais même eux assurent ne pas pouvoir s'aligner sur les prix pratiqués par TotalEnergies, qui a l'avantage d'intégrer l'ensemble de la chaîne de valeur du carburant, de la production à la distribution.

















