Quelque 77% des personnes interrogées sont d'accord pour « prendre maintenant plusieurs mesures ciblées et difficiles afin d'éviter demain des mesures générales beaucoup plus brutales », tandis que 23% considèrent qu'il « vaut mieux attendre ».
Le directeur général de l'Ifop, Frédéric Dabi, a présenté l'enquête (1) au gouvernement réuni lundi en séminaire pour préparer un budget 2027 aux airs de mission impossible à huit mois de la présidentielle.
Les Français jugent à 61% « préférable » de « réduire principalement certaines dépenses publiques sans augmenter les impôts » tout en souhaitant, à 78%, laisser les candidats à la présidentielle présenter leurs propositions en matière fiscale.
Mais sur l'assurance maladie, où le gouvernement souhaite porter ses efforts, la majorité est beaucoup plus faible. Quelque 51% de Français sont favorables (48% défavorables) à une baisse du remboursement des médicaments inefficaces, et 52% des Français adhèrent à une augmentation du plafond des franchises médicales qui restent à la charge des assurés.
La majorité est plus large sur les arrêts de travail : 73% souhaitent que le gouvernement « lutte contre les abus ».
En outre, environ 84% des Français souhaitent « mieux cibler certaines allocations familiales en fonction des revenus afin d'investir davantage dans les crèches et les solutions de garde » d'enfants.
Deux Français sur trois attendent un compromis sur le budget
Sur la méthode, 56% des Français souhaitent demander « un effort similaire à un grand nombre de ministères » et aux collectivités locales, en épargnant d'abord la santé, l'éducation, la police et la gendarmerie, la défense et l'adaptation au changement climatique.
Ils jugent en tout cas à 65% préférable de « trouver un compromis » politique sur le budget, « même imparfait », tandis que 35% pensent que le pays peut « fonctionner avec une loi spéciale jusqu'à l'été 2027 reconduisant en partie la situation existante ».
Le budget proposé par le gouvernement dans ses grandes lignes paraît « nécessaire » à 71% des Français mais « brutal » pour 52%.
Le gouvernement en conclut, dans une analyse annexe, que « le compromis (budgétaire) ne doit probablement pas être construit autour d'un grand paquet fiscal ». Il retient également que faire contribuer davantage les collectivités les plus aisées, comme souhaité par 74% de Français, est une « mesure parfaite de compromis » qui « permet au centre de défendre la maîtrise de la dépense, tout en donnant à la gauche un principe de différenciation et de protection des territoires fragiles ». Mais il reconnaît que c'est l'assurance maladie qui « crée le plus d'inquiétudes ».
(1) Enquête réalisée en ligne les 25 et 26 août auprès d'un échantillon de 1.000 personnes représentatif de la population, selon la méthode des quotas. Marge d'erreur comprise entre 1,4 et 3,1 points.
















