« Nous prenons acte et nous nous félicitons du recul du gouvernement », a déclaré Eric Chenut, président de la Mutualité française, lors d'une conférence de presse au lendemain de l'annonce par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, d'un renoncement à doubler les plafonds des franchises médicales.

Stéphanie Rist avait fait part, fin juillet, de l'intention gouvernementale de relever à 200 euros par an, contre 100 euros actuellement, le montant maximum qui est susceptible de rester à la charge des assurés sociaux.

Mais, alors que la mesure a suscité une vive opposition des associations de patients et de certains soignants ainsi que des mutuelles, la ministre a finalement annoncé jeudi qu'elle renonçait à un tel doublement, admettant que ce choix avait pu « apparaître brutal ». « C'était avant tout une sanction contre les personnes malades et avant tout (celles) porteuses de pathologies chroniques », a abondé Eric Chenut. Mais, a-t-il estimé, le caractère « définitif » de ce recul « n'est pas acquis ».

Stéphanie Rist a expliqué jeudi que le gouvernement comptait toujours relever les plafonds mais dans une bien moindre mesure que prévu initialement, en se contentant de suivre la trajectoire de l'inflation depuis 2005.

Assumant « une correction fondée sur le coût de la vie », la ministre n'a néanmoins pas donné de précision sur le montant précis de cette hausse. « Un flou est largement entretenu », a jugé vendredi Eric Chenut.

Le président de la Mutualité française a, par ailleurs, réitéré son opposition à une autre mesure décidée cet été par le gouvernement : le transfert de plusieurs remboursements de l'Assurance maladie vers les complémentaires santé, dont notamment des médicaments jugés peu performants.

Les médicaments dont le « service médical rendu » est jugé faible par la Haute autorité de santé (comme la Betadine, le Gaviscon, les bains de bouche) passeraient à 5% de remboursement contre 15% aujourd'hui, tandis que ceux à service médical rendu moyen (des laxatifs par exemple) passeraient à 15% contre 30% actuellement. « Soit un médicament est utile et il peut être remboursé, soit il n'est pas utile et il ne faut pas le prescrire », a jugé Eric Chenut, jugeant dérisoire le taux de 5%.