Le gouvernement avait déjà prévenu : en 2027, la prime d'activité, destinée aux travailleurs aux revenus modestes ne devrait pas bénéficier de sa revalorisation habituelle. Mais le projet de budget réserve un autre changement susceptible de faire des perdants.
Comme le révèlent Les Échos, l'exécutif prévoit en effet de modifier le calcul du « montant net social », utilisé pour déterminer les droits à la prime d'activité. Aujourd'hui, ce montant figure sur les fiches de paie et sert de référence aux CAF et à la MSA pour calculer la prestation.
Votre mutuelle pourrait entrer dans le calcul
À partir de 2027, les contributions versées par l'employeur pour financer certaines protections de son salarié seraient intégrées à ce montant. Sont notamment visées la complémentaire santé, la prévoyance et la retraite supplémentaire.
Concrètement, un salarié dont l'employeur prend en charge une partie de la mutuelle pourrait donc voir augmenter les ressources retenues pour calculer ses droits, sans pour autant toucher davantage de salaire. Or, plus les ressources prises en compte sont élevées, plus la prime peut, selon la situation du foyer et le niveau de revenus, diminuer.
Le gouvernement assume ce choix au nom de « l'équité ». Deux salariés disposant du même salaire ne seraient pas dans une situation tout à fait identique si l'un bénéficie d'une mutuelle partiellement financée par son entreprise tandis que l'autre doit la payer intégralement. À noter que l'employeur doit déjà financer au minimum 50% de la complémentaire santé collective obligatoire de ses salariés.
Un gel en plus de la nouvelle règle
Pour certains bénéficiaires, cette réforme pourrait donc s'ajouter au gel prévu de la prime en 2027. Celui-ci avait déjà été confirmé fin septembre par le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, même si l'ampleur définitive du gel reste susceptible d'évoluer lors des débats parlementaires. La mesure est loin d'être anecdotique : 4,52 millions de foyers percevaient la prime d'activité au troisième trimestre 2025, tandis que la dépense a atteint environ 10,7 milliards d'euros en 2025.
Reste désormais une inconnue de taille : combien de bénéficiaires verront réellement leur prime diminuer, voire disparaître ? Le gouvernement n'a, à ce stade, pas fourni de chiffrage précis.



















