L'essentiel

  • L'Insee rapporte que 4,3 millions de Français non-salariés gagnent en moyenne 2 350 euros par mois, avec d'importantes disparités entre les secteurs d'activité.
  • Les micro-entrepreneurs gagnent en moyenne 680 euros par mois, tandis que les professions médicales tirent les revenus les plus élevés (10 180 euros en moyenne).
  • Il existe une inégalité de revenus entre les sexes, les femmes non-salariées gagnant en moyenne 19% de moins que leurs homologues masculins.

L'Insee dévoile, ce mardi 30 juin, une nouvelle étude sur les revenus d'activité (1) des Français non-salariés. 4,3 millions de personnes sont concernées, à titre principal ou en complément d'une activité salariée, dont 2,3 millions de micro-entrepreneurs.

Les taxis et VTC en queue de peloton

En moyenne, les Français concernés ont gagné 2 350 euros par mois en 2024 grâce à ce type d'activité et 2 020 euros lorsqu'ils travaillent dans le secteur agricole. Des chiffres qui cachent, évidemment, de fortes disparités. Le secteur des taxis et VTC est à la peine (1 540 euros par mois en moyenne), derrière le commerce de détail hors magasin (1 560 euros) et les activités de coiffure et soins de beauté (1 690 euros). La présence de nombreux micro-entrepreneurs dans ces professions explique ces petits revenus, car c'est souvent une activité d'appoint. Ces derniers perçoivent, en moyenne, 680 euros par mois contre 4 150 euros pour les non-salariés classiques, soit six fois plus.

« Leur faible revenu est en partie lié à la nature de ce régime qui impose des plafonds sur les chiffres d'affaires pour en bénéficier. En 2024, un micro-entrepreneur sur quatre (hors revenus nuls) gagne moins de 80 euros par mois, un sur deux moins de 330 euros, et un sur dix plus de 1 790 euros », détaille l'Insee.

Plus de 10 000 euros pour les médecins et les dentistes

En revanche, les médecins et dentistes ont bénéficié en 2024 des revenus moyens les plus élevés (10 180 euros), devant les juristes et comptables (8 240 euros) et les pharmaciens (6 390 euros).

Fin 2024, 403 000 personnes exerçaient une activité non salariée dans l'agriculture, la sylviculture ou les services d'aménagement paysager. Parmi elles, près d'une personne sur quatre bénéficie du régime du micro-bénéfice agricole (micro-BA) avec 780 euros de revenu moyen. Les autres non-salariés agricoles sont imposés au régime réel et retirent en moyenne 2 050 euros par mois de leur activité. Le secteur de la vigne est celui qui rapporte le plus : 3 850 euros par mois, en moyenne. A l'inverse, la production d'ovins, caprins ou encore équidés génère des revenus de 1 300 euros en moyenne.

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Les femmes gagnent largement moins

En 2024, le salaire moyen mensuel perçu par les femmes non-salariées classiques, tous secteurs confondus, s'établit à 3 920 euros, contre 4 470 euros pour les hommes, soit 19% de moins.

(1) Selon la définition utilisée par l'Insee, le revenu d'activité est la rémunération issue de l'activité non salariée, déduction faite des cotisations sociales payées dans l'année mais pas des contributions sociales (CSG non déductible, CRDS). Il est calculé à partir du revenu professionnel imposable, auquel sont réintégrés certains allègements fiscaux et cotisations sociales facultatives : chiffre d'affaires des micro‑entrepreneurs après abattement pour frais professionnels, bénéfice net des entrepreneurs individuels classiques, rémunération des gérants majoritaires (incluant une partie des dividendes, à savoir celle qui se situe au-delà de 10% du capital social, primes d'émission et sommes portées aux comptes courants d'associés). En cas d'exercice déficitaire, le revenu des non-salariés des secteurs non agricoles est considéré comme nul.