Le premier cryptoactif par la capitalisation « a soudainement perdu de son attrait » face au « potentiel de croissance » des entreprises technologiques telles que les fabricants de puces mémoire ou les spécialistes de l'IA, explique Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote. « Des capitaux sont retirés d'autres secteurs pour financer » ces investissements, par exemple dans les semi-conducteurs, dont les actions représentent à elles seules 17.000 milliards de dollars, constatent les analystes de ByteTree. Selon eux, « le bitcoin est clairement perçu comme l'un des perdants de la révolution de l'IA ».

La devise numérique perdait 1,61% vers 14H35 GMT (16H35 à Paris) à 63.864,17 dollars, proche du seuil des 60.000 dollars qu'elle avait frôlé en février, et sous lequel elle n'est pas tombée depuis octobre 2024. L'élection de Donald Trump, ardent défenseur des cryptoactifs, à la Maison-Blanche en novembre 2024 pour un second mandat avait suscité une vague d'enthousiasme du secteur, faisant décoller le prix du bitcoin à près de 110.000 dollars.

Il était ensuite redescendu, pâtissant des retards des lois promises par l'Américain ou encore le climat d'incertitude générés par son offensive douanière, avant de remonter jusqu'à un sommet de 126.251,31 dollars en octobre 2025, puis de refluer de nouveau.

Le cours du bitcoin s'est écroulé d'environ 13% depuis lundi, et l'annonce que la société Strategy, connue pour avoir accumulé plus de 840.000 bitcoins, en a vendu 32 pour un montant de 2,5 millions de dollars, selon un document transmis au régulateur des marchés américain.

D'après la presse spécialisée, c'est la première fois que l'entreprise américaine cède des bitcoins depuis 2022. Son président et cofondateur Michael Saylor avait longtemps juré qu'il ne vendrait jamais ce cryptoactif, avant de récemment revenir sur cette affirmation. Cette nouvelle « a été le dernier clou dans le cercueil » pour le moral des investisseurs, constate Mme Ozkardeskaya.

En outre, l'accélération de l'inflation à cause de la guerre au Moyen-Orient renforce les prévisions de hausses des taux d'intérêt américains, ce qui rend le dollar et les bon du Trésor plus rentables en comparaison, précise l'analyste.

Considéré comme plus volatil et risqué que d'autres actifs, le bitcoin subit de façon générale l'environnement de risque accru.