Nouveau tour de vis à venir pour financer une formation grâce au Compte personnel de formation (CPF) ? « Un constat s'impose : tous les financements ne répondent pas suffisamment à l'objectif initial du dispositif, qui est de favoriser l'évolution professionnelle, l'accès à l'emploi et l'adaptation des compétences », a indiqué le ministère à l'AFP, qui a toutefois assuré que « le CPF constitue une avancée majeure en donnant à chacun la liberté de choisir sa formation. Cette liberté est préservée ».

Ainsi, « avant chaque mobilisation du CPF, le titulaire sera invité à préciser son projet professionnel via un bref questionnaire automatisé », ce qui « permettra de proposer des formations adaptées au projet professionnel, et de vérifier que la formation demandée est cohérente avec ce projet ».

« En cas d'incohérence entre la formation demandée et le projet professionnel envisagé, le demandeur de formation pourra s'appuyer sur les conseillers d'évolution professionnelle pour l'aiguiller », ajoute-t-on, sans plus de précision à ce stade.

CPF : encore une mauvaise nouvelle dès le 2 avril si vous voulez payer une formation

Vérification par l'employeur ou un tiers de confiance

Jeudi, le ministre Jean-Pierre Farandou avait expliqué aux Echos qu'avant chaque utilisation du CPF, « il faudra une vérification soit par l'employeur si la formation a lieu durant le temps de travail, soit par un tiers de confiance, à savoir les conseillers en évolution professionnelle », ajoutant que « l'époque n'est pas à la profusion, elle est à l'efficacité des dépenses publiques ».

Ces orientations rompraient avec la philosophie de la loi de 2018 sur la liberté de choisir son avenir professionnel, qui permet aux salariés ou aux chômeurs d'accéder à leurs droits et de les utiliser directement pour acheter des formations.

Hausse du niveau d'exigence des formations

La CFDT a réagi aux propos tenus dans les Echos en soulignant dans un communiqué que le CPF « ne peut devenir un outil au service exclusif des besoins des entreprises ».

Pour Denis Gravouil de la CGT, le droit individuel à la formation est « une grande conquête », qui doit permettre à un salarié de « choisir une formation qui ne soit pas uniquement celle que son employeur veut qu'il fasse pour l'adaptation au poste de travail ».

Le ministère souligne également mardi qu'il s'apprête à augmenter par décret, via la certification Qualiopi, « le niveau d'exigence » des formations.