« Il est désormais impératif que le gouvernement agisse, dans un contexte où le maintien du cadre budgétaire adopté en loi de finances initiale pour 2026 n'est plus crédible », s'est alarmé le sénateur de Meurthe-et-Moselle dans un communiqué de la commission des Finances du Sénat.

Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu présente jeudi de nouvelles aides pour les gros rouleurs et les secteurs les plus touchés par la hausse des prix générée par la guerre, la chambre haute s'agace du « flou persistant, entretenu par le gouvernement », sur la réponse budgétaire face aux crises.

Six milliards d'euros d'économies

Le gouvernement avait annoncé mi-avril que six milliards d'euros d'économies sur les dépenses pourraient être réalisés en 2026 par des gels ou annulations de crédits, mais le Premier ministre a indiqué mardi qu'il faudrait « remettre à jour » cette enveloppe, sans préciser si cela impliquait de nouvelles coupes budgétaires.

« Les éléments (sur ces six milliards d'économies) devaient nous être communiqués dans les 15 jours. Nous serons bientôt en juin. J'attends donc une vraie clarification, et le Parlement ne peut être dessaisi dans ces circonstances », a indiqué à l'AFP Jean-François Husson, qui pilote depuis six ans l'examen des budgets à la Haute Assemblée.

Le dépôt d'un projet de loi de finances rectificative (PLFR) semble une option très périlleuse pour le gouvernement, privé de majorité à l'Assemblée nationale, et qui avait déjà dû engager sa responsabilité via l'article 49.3 pour faire adopter le budget pour 2026 en début d'année.