L'essentiel

  • Moins de la moitié des personnes sondées en 2025 ont fait un don financier à une association, le nombre le plus bas depuis 2019.
  • Le montant moyen du don a diminué à 336 euros, et pour 2026, 51% des répondants anticipent de faire un don, en baisse de 4 points.
  • La Fondation d'Auteuil évoque l'incertitude fiscale et les préoccupations concernant l'instabilité politique et économique comme raisons pour la diminution de la générosité.

1 - Une baisse significative et préoccupante des dons en 2025

Moins de la moitié des personnes interrogées disent avoir fait un don financier à une association ou une fondation en 2025 (47%, -5 points), le chiffre le plus bas enregistré depuis 2019, selon ce baromètre publié chaque année par la Fondation Apprentis d'Auteuil. 76% des hauts revenus ont donné (-8 points).

Le montant du don moyen se rétracte cette année à 336 euros (-8%), selon ce sondage réalisé en février-mars auprès d'un échantillon représentatif de 1 000 personnes et d'un panel de 500 personnes dont le revenu annuel net du foyer est supérieur à 120 000 euros. Pour 2026, 51% des répondants déclarent avoir fait un don ou en prévoir un, un chiffre également en baisse de 4 points.

2 - Pourtant... les Français ne se désintéressent pas des œuvres caritatives et sont conscients des besoin des associations

Interrogées, lors de la conférence de presse, sur le caractère préoccupant et durable de cette baisse des dons, la directrice d'études d'Ipsos Salomé Quetier-Parent a insisté sur le caractère inédit de la chute des dons en 2025 : la baisse est bien plus notable qu'en 2022, période pouvant pourtant être comparée avec la guerre en Ukraine, l'inflation et l'approche de l'élection présidentielle, comme en 2026 avec le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient et la poursuite des conflits armés, à Gaza et en Ukraine.

Ainsi, à la question « avez-vous le sentiment que les associations se voient de plus en plus obligées de de compter sur la générosité des Français ? », 83% des personnes interrogées répondent oui. Les Français sont conscients des besoins croissants des associations, sur fond de recul des subventions publiques, mais sont inquiets de l'avenir et de leur pouvoir d'achat, relève la Fondation, au vu des inquiétudes exprimées sur le contexte international (92%), l'instabilité politique nationale (90%) ou le niveau d'endettement de la France (88%).

3 - Pourquoi les Français donnent moins (même les plus riches)

Pour expliquer une générosité en baisse, la Fondation évoque aussi les débats autour de la remise en cause des crédits d'impôts sur les dons pendant la discussion budgétaire en 2025, qui a pu freiner les bienfaiteurs.

« La stabilité des mesures fiscale est essentielle car elle permet aux donateurs de réaliser leur don sans craindre une évolution de la législation dans les mois qui suivent », a commenté Vanessa de Lauzainghein, directrice de la communication et des ressources de la Fondation.