Les députés Gaëtan Dussausaye (RN) et Josiane Corneloup (LR), à qui la commission des Affaires sociales avait confié cette mission « flash », sont partis du constat que « les indicateurs usuellement mobilisés dans la conception des politiques de l'emploi ne rendent qu'imparfaitement compte de la réalité du marché du travail ».
Parmi les points problématiques relevés, l'écart « croissant » entre les données de l'Institut national de la statistique (Insee), qui mesurent le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) pour permettre des comparaisons internationales via une enquête auprès d'un échantillon de ménages, et les chiffres de France Travail, qui comptabilisent les inscrits auprès de l'organisme.
Le rapport constate aussi la sous-représentation des populations situées dans le halo du chômage -sans emploi mais pas disponibles immédiatement pour en occuper un ou souhaitant travailler mais ne recherchant pas activement- ou en situation de sous-emploi et l'absence de suivi dans la durée de certains publics, comme les jeunes.
« Difficile d'évaluer l'efficacité réelle des politiques de l'emploi »
A travers ces chiffres, « il est difficile d'évaluer l'efficacité réelle des politiques de l'emploi », a résumé mercredi Josiane Corneloup en présentant les conclusions, expliquant qu'« une baisse du chômage peut masquer une augmentation des emplois précaires ».
Gaëtan Dussausaye a souligné qu'une forte proportion des « Neets », des jeunes ni scolarisés, ni en formation ni en emploi, restaient invisibles, sous les radars des politiques publiques.
Le rapport formule 11 recommandations. Il appelle entre autres à améliorer l'articulation entre statistiques de l'Insee et données de France Travail et à publier des données territorialisées du sous-emploi et du halo du chômage, en distinguant temps partiel contraint, activité partielle ou encore non recherche d'emploi malgré disponibilité.
Soulignant que le chômage a des conséquences sur la santé ou le logement des personnes, les auteurs recommandent d'« intégrer des indicateurs de santé, d'accès aux droits et d'autonomie », pour mieux mesurer les coûts sociaux du chômage et mieux orienter les demandeurs d'emploi.
Ils préconisent aussi de « concentrer l'effort budgétaire sur l'accompagnement personnalisé et les dispositifs ayant fait preuve d'efficacité » au lieu de multiplier les programmes et d'accélérer la mise en place de feuilles de route locales sur l'emploi.
















