L'OFCE a présenté ses projections macroéconomiques pour la France et l'international quelques heures après l'annonce par le président américain Donald Trump d'une trêve de deux semaines dans la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran.
En 2025, malgré l'incertitude budgétaire, l'économie française a été plutôt « résistante » et la croissance française ne s'est pas effondrée, a résumé Mathieu Plane, économiste à l'OFCE. Pas épargnée par les chocs négatifs en 2026, la croissance du produit intérieur brut (PIB) français devrait atteindre 0,8% cette année, puis 1% en 2027, selon l'OFCE.
Sur l'année 2026, la croissance serait amputée de 0,2 point de PIB en raison de la hausse des prix des hydrocarbures, dans un scénario intermédiaire, tandis que l'effort de consolidation budgétaire la plomberait de 0,5 point de PIB.
L'incertitude générée par l'instabilité politique depuis la dissolution de l'Assemblée nationale coûterait 0,2 point de PIB en 2026, évalue l'OFCE. Mais le déficit public devrait continuer de se réduire à 4,8% en 2026 après 5,1% en 2025, détaille l'observatoire.
Dans l'hypothèse d'une escalade du conflit en Iran, avec une hausse durable des prix des hydrocarbures, la prévision de croissance tomberait à 0,4% en 2026 et 0% en 2027. Ce scénario plus sombre signifierait « qu'on a plus de croissance, voire même un risque de récession qui est marqué », prévient Mathieu Plane.
Rebond de l'inflation
L'inflation, qui avait fortement reflué ces dernières années, connaîtrait un rebond en 2026 en raison de la « hausse brutale » du prix des hydrocarbures et atteindrait 1,8% en moyenne sur l'année, voire 3,2% dans un scénario plus pessimiste.
Selon le scénario « central » des économistes, le pouvoir d'achat connaîtrait un recul et se contracterait en 2026 (-0,7% par unité de consommation). C'est le « plus mauvais chiffre depuis 2013 (...) Pas parce que le choc énergie est plus fort qu'en 2022 », mais parce qu'il « n'y a plus de dispositif de soutien, d'amortisseurs », explique Mathieu Plane.
Malgré cet effet pouvoir d'achat, la consommation progresserait lentement, soutenue par une baisse modérée du taux d'épargne (17,9% à 16,9%), qui demeure toutefois très supérieur à la moyenne pré-pandémie de Covid-19.



















