Pour favoriser le retour à l'emploi des seniors, ceux qui sont au chômage et retrouvent un emploi moins bien payé que le précédent pourraient continuer à toucher une partie de leur indemnité, suggère le ministre du travail, Olivier Dussopt, dans une interview au Journal du dimanche.

Le faible taux d'emploi des seniors est souvent brandi comme un argument contre la réforme des retraites du gouvernement, qui envisage de relever l'âge de départ à 64 puis 65 ans d'ici 2031 pour assurer l'équilibre financier du régime. Pour le ministre, les mauvais résultats de la France par rapport à ses voisins s'expliquent en partie parce que « notre système économique n'a pas la culture de l'emploi des seniors ». Il pointe aussi du doigt « des dispositifs qui peuvent être perçus comme des encouragements, pour les employeurs, à se séparer des seniors », comme « la durée maximale d'indemnisation chômage, qui, à partir de 55 ans, passe de 24 à 36 mois ».

Pour favoriser le retour à l'emploi des plus de 55 ans, « une des pistes pourrait être de permettre à un senior qui accepte un emploi moins bien payé de conserver une partie de son indemnité chômage afin de compenser le manque à gagner. Nous pourrons y travailler », indique Olivier Dussopt, qui souhaite « également favoriser la retraite progressive et le cumul emploi retraite ».

Index professionnel

« La création d'un index professionnel de l'emploi des seniors, sur le modèle de celui pour l'égalité femmes-hommes, fera partie des discussions » que le ministre, qui pilote la réforme des retraites et celle de l'assurance-chômage, aura avec les partenaires sociaux dans les prochaines semaines. Il évoque aussi « des mécanismes incitatifs, sous forme par exemple d'exonérations de cotisations sociales » pour les entreprises.

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Mais pour lui « la meilleure façon de maintenir les seniors dans l'emploi reste d'améliorer les conditions de travail et de lutter contre les conséquences de l'usure professionnelle », des thèmes qui seront aussi au menu des concertations avec les syndicats et le patronat.

Sur la question du recul de l'âge légal, auquel tous les syndicats s'opposent, « cela sera à concerter, mais il nous faut reculer l'âge moyen de départ », insiste-t-il, tout en envisageant d'« introduire une clause de revoyure », qui « peut être une façon de prendre date dans l'avenir pour faire un point ».