Pour augmenter l'âge moyen de départ à la retraite, les « mesures contraignantes », comme le report de l'âge légal, ont plus d'effet que les « mesures incitatives », comme l'allongement de la durée de cotisation, selon une étude publiée mardi par la Caisse des dépôts.

Les réformes des retraites se succèdent et s'accumulent depuis près de 30 ans, modifiant à chaque fois un ou plusieurs paramètres afin de « repousser l'âge effectif de départ », rappellent les auteurs de cette étude, réalisée avec l'Insee et l'Institut des politiques publiques.

Pour en mesurer « l'impact », ils ont analysé une cohorte de 140 000 fonctionnaires hospitaliers et territoriaux (dont le régime de retraite est géré par la Caisse des dépôts) nés entre 1949 et 1953, et qui n'ont pas bénéficié d'un départ anticipé (donc hors « catégories actives », invalides et familles nombreuses). Les derniers sont partis à 62 ans en moyenne, presque un an plus tard que leurs aînés. Une hausse « à peine inférieure » à celle de l'âge légal et de la durée de cotisation entre ces générations.

Des « incitations financières » peu efficaces

En gommant les « biais dus à la saisonnalité » (les départs sont plus fréquents en fin d'année civile ou scolaire), il ressort que « les individus réagissent fortement aux relèvements de bornes d'âge mais peu aux incitations financières ». C'est encore plus vrai pour les salariés les moins qualifiés, en l'occurrence les fonctionnaires de catégorie C, qui partent en général « plus tôt que les autres » et ont donc « dû plus souvent décaler leur départ » à la retraite, du fait du report de l'âge légal.

Comparatif livrets d'épargne : 10 offres comparées, jusqu'à 2% de rendement

Les auteurs, qui n'ont pas calculé les effets budgétaires de ces réformes, notent toutefois que l'allongement global des carrières a un effet bénéfique sur le montant des pensions liquidées, le nombre de trimestres cotisés augmentant plus vite que celui requis pour une retraite à taux plein.