Pour soutenir le lancement du nouveau Plan d’épargne retraite, la majorité parlementaire a adopté une carotte fiscale pour inciter à transférer des fonds de l’assurance vie vers un PER. Un avantage annuel, renouvelable 4 fois, de 2019 à 2022.

Le fonctionnement de la carotte fiscale

« Cette mesure offre aux épargnants qui réalisent un transfert vers un PER un double avantage fiscal : une exonération d’impôt sur les plus-values de l’assurance vie (jusqu’à 9 200 euros pour un célibataire, et 18 400 euros pour un couple) tout en déduisant du revenu imposable les versements effectués sur les PER », résume le député Modem à l’origine de cette mesure via un amendement à la loi Pacte, Jean-Noël Barrot, dans un entretien accordé à MoneyVox.

Le doublement de l’abattement, réalisé ainsi en transférant des fonds de l’assurance vie vers un PER, est accessible une fois par an, jusqu’au 1er janvier 2023 : « La problématique du transfert de l’assurance vie vers le PER se pose dès à présent », explique Valérie Bentz, responsable des études patrimoniales du groupe UFF. « Car l’avantage du plafonnement doublé est accessible 4 fois uniquement : en 2019, en 2020, en 2021 et en 2022 ! » Dans les faits, ce transfert se matérialise par un rachat (partiel ou total) réalisé sur l’assurance vie, et le versement sur le PER est donc compté dans les versements déductibles du revenu imposable, dans la limite du plafond annuel. Dernière condition : il faut être à plus de 5 ans de l’âge légal de départ en retraite, 62 ans dans la majorité des cas.

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Qui a intérêt à en profiter ?

Cette carotte fiscale étant accessible 4 fois uniquement, et donc pour la première fois en cette fin 2019, faut-il sauter sur l’aubaine ? Pas nécessairement, comme l’explique Valérie Bentz, de l’UFF : « Il faut toutefois être conscient que l’on perd les avantages de l’assurance vie pour les rachats, avec la disponibilité lors de toute la durée du contrat, l’abattement sur chaque retrait, et certains avantages liés à la transmission notamment au-delà de 70 ans, etc. Ce transfert vers le PER s’adresse donc à une poignée d’épargnants. » En résumé : il ne faut notamment pas avoir besoin des sommes ainsi transférées avant la retraite, et être suffisamment aisé (dans les tranches supérieures du barème de l’impôt sur le revenu) pour avoir intérêt à réduire son revenu imposable 2019.

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