En plein débat sur la réforme des retraites, le Plan d’épargne pour la retraite collectif (Perco), un dispositif d’épargne salariale, apparaît comme un bon moyen de se constituer un pécule pour compléter sa pension de retraite. Mais si le Perco connaît un succès certain, il n’est pas encore accessible à tous les salariés.

Avec le projet 2010 de réforme des retraites, la question du financement des pensions retraites est au cœur des inquiétudes sociales. Si le modèle par répartition n'est pas remis en cause, parallèlement, le gouvernement encourage le développement de dispositifs permettant à chacun de se constituer un complément de retraite par capitalisation, comme le Perco.

Ce système permet à un salarié de se constituer une épargne pouvant être abondée par son employeur, qu’il pourra retirer au moment de son départ à la retraite. Depuis sa création en 2003 par la loi Fillon sur les retraites, le Perco a connu un succès grandissant mais inégal au sein des entreprises.

Un complément retraite sous forme de rente viagère ou de capital

Le Perco, variante du Plan épargne entreprise (PEE), est proposé par les entreprises à leurs salariés, afin qu'ils se constituent une épargne via un portefeuille de valeurs mobilières. Mais à la différence du PEE, la sortie du dispositif ne peut se faire, sous forme de rente viagère ou de capital, qu'au moment du départ à la retraite (sauf cas de déblocages anticipés prévus par la loi). Le Perco peut être alimenté par les sommes issues de l’intéressement ou de la participation, mais aussi par des versements volontaires du salarié, qui sont proportionnellement abondés (augmentés) par l’entreprise. Pour 2010, cet abondement est limité à 5.539 euros (16% du plafond annuel de la sécurité sociale).

Autre avantage du Perco, toutes les sommes qui y sont placées, y compris l'abondement de l'entreprise, bénéficient d'une exonération d'impôt sur le revenu.

Forte croissance des Perco en 2009  

Depuis la loi pour le développement de la participation et de l’actionnariat salarié du 30 décembre 2006, les entreprises qui disposent d’un PEE depuis au moins trois ans sont tenues de mettre en place au moins un produit d’épargne retraite. Cette obligation contribue largement au développement du Perco dans les entreprises. 

Fin décembre 2009, près de 111.500 entreprises françaises proposaient un Perco à leurs salariés. En un an, ce nombre a augmenté de 41%, selon les chiffres de l’Association Française de la gestion financière (AFG), publiés en mars 2010. De plus, l’encours total des Perco est en hausse de 63% en 2009, à 3 milliards d’euros environ. 

5.417 euros. C’est le capital moyen détenu par chaque bénéficiaire d’un Perco en 2009. Une somme que les salariés conçoivent comme un matelas de sécurité pour leur retraite, comme le montre le choix de la gestion pilotée par 38% d’entre eux – gestion permettant d’atténuer le risque de leur portefeuille à l’approche de la retraite. 

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Un système qui n’est pas accessible à tous les salariés

Pour l’AFG, « le Perco constitue un excellent moyen de se constituer une épargne en supplément du régime par répartition ». Seul bémol, le Perco est inégalement accessible selon les secteurs d’activité et les statuts des salariés.

Dans un rapport de juin 2008, portant sur l’épargne salariale, la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques, sous tutelle du Ministère de l’Economie) pointait certaines inégalités : « C’est toujours dans les entreprises proposant les salaires les plus élevés et dans celles employant le plus grand nombre de personnes » que la panoplie de produits d’épargne salariale est la plus complète et que l’on retrouve les outils d’épargne salariale non obligatoire. 

Il existe également des différences de développement selon les secteurs d’activité, l’épargne salariale étant « une pratique plus répandue dans l’énergie, l’automobile et les banques et assurances ». Globalement, la Dares note que les cadres et les professions intermédiaires sont les plus nombreux à adhérer à un dispositif d’épargne salariale, et sont ceux qui en tirent le plus de revenus. Ainsi, en 2005, 54% des cadres bénéficiaient d’un système d’épargne salariale contre 38% des employés et 43% des ouvriers.

De plus, le Perco étant un mécanisme fonctionnant sur la capitalisation, plus les versements personnels sont importants, plus l’abondement de l’entreprise sera intéressant. C’est donc logiquement les salariés en capacité de verser des sommes importantes qui seront les plus gagnants.