L'âge légal de départ à la retraite fixé à 60 ans est "évidemment en débat" dans le cadre de la prochaine réforme des retraites, a déclaré mercredi le ministre du Travail Eric Woerth qui a écarté toute hausse de cotisations.

« L'âge légal de 60 ans est évidemment en débat. (...) Au fond il ne faut pas avoir de tabou car c'est bien du sauvetage du système de retraites dont il s'agit », a souligné le ministre sur RTL.

« Quand vous vivez plus longtemps (...) vous devez passer plus de temps au travail, et vous passez aussi plus de temps à la retraite », a poursuivi le ministre avant d'ajouter: « mais vous devez aussi tenir compte des autres circonstances, notamment la pénibilité ou l'emploi des seniors ».

Le conseil d'orientation des retraites (COR) doit officiellement rendre public ce mercredi son rapport, dont l'essentiel a déjà filtré, sur les besoins de financement des systèmes de retraite à l'horizon 2050 au lendemain du début de la concertation entre gouvernement et partenaires sociaux sur les pistes de réforme.

D'autres voies que la fiscalité

Le ministre a aussi écarté l'augmentation des cotisations comme possible financement supplémentaire. « Quand vous regardez les chiffres du COR (...) vous oscillez entre 70 et 100 milliards d'euros selon les circonstances à l'horizon 2050, donc on voit bien que ces chiffres ne sont pas atteignables par la fiscalité », a-t-il dit.

« L'impôt sur le revenu, c'est une cinquantaine de milliards d'euros (...) l'impôt sur les sociétés c'est à peu près pareil, donc il faudrait doubler ces impôts pour uniquement parvenir à l'équilibre », selon Eric Woerth.« Quand il y a des problèmes de cette nature, structurelle, il faut passer par d'autres voies, et d'autres pays l'ont fait », a souligné le ministre.

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Effort aussi pour les parlementaires

Concernant la retraite des parlementaires, M. Woerth a estimé qu'on ne pouvait pas « demander un effort aux Français sans demander un effort aux parlementaires, ils en sont d'ailleurs bien d'accord. Je vais en parler avec Bernard Accoyer, Gérard Larcher (présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, ndlr) et les présidents de groupes dans les assemblées qui décident elles-mêmes de leur régime de retraite ».

Interrogé sur des difficultés à reconstituer les carrières des fonctionnaires au delà de six mois, comme l'a avancé Jean-Luc Mélenchon, le président du Parti de gauche, le ministre a assuré qu'il n'en était rien. « Il n'y a pas de problème pour reconstituer la carrière d'un fonctionnaire, ce n'est pas un sujet », a déclaré Eric Woerth.