Le Medef s'est dit mardi "troublé" par les hypothèses économiques "peu réalistes" servant de base aux projections financières du Conseil d'orientation des retraites (COR) sur les besoins de financement des retraites.

Les trois hypothèses risquent selon le Medef de « pénaliser la crédibilité de la réflexion » sur le sujet.

« Tous les scénarios retenus par le COR font l'hypothèse d'un taux de chômage à l'horizon 2020-2021 (...) égal au plein emploi, soit 4,5%, ce que nous n'avons pas connu depuis le tout début des années 60, soit au maximum 7%, ce que nous n'avons jamais eu de manière pérenne », a déclaré la présidente du Medef Laurence Parisot lors de sa conférence de presse mensuelle.

En outre, le COR retient « l'hypothèse d'une hausse de la productivité du travail entre 1,7% et 1,8% par an, chiffre que nous n'atteignons pas très régulièrement », a-t-elle précisé.

Tout en indiquant que ces hypothèses pouvaient encore changer dans le document officiel du COR, Mme Parisot a fait part « des interrogations » du Conseil exécutif, qui a été « troublé » et « très étonné » par ces chiffres lors de sa réunion lundi.

Selon Mme Parisot, il est « dommage qu'il n'y ait pas de scénario plus réaliste et, éventuellement, un scénario catastrophe (...) pour avoir la mesure de l'amplitude des possibles » sur les besoins de financement des retraites.

« Nous espérons que ces choix du COR ne vont pas d'emblée pénaliser la crédibilité de la réflexion sur le sujet », a-t-elle ajouté.

Selon la dirigeante patronale, « même avec ces scénarios qui nous semblent peu réalistes, les besoins de financement du régime général sont au moins égaux à 100 milliards d'euros par an à partir de 2050 ». Certes, 2050 « c'est très loin » mais « il faut raisonner avec cette ligne d'horizon ».

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Selon un document de travail du Conseil d'orientation des retraites (COR) que s'est procuré l'AFP mardi, le besoin de financement annuel du système de retraite à l'horizon 2050 varierait dans une fourchette de 72 à 115 milliards d'euros, en fonction des hypothèses économiques.

Mme Parisot a d'autre part souligné que, « d'aucune manière, le Medef n'envisage (de mesure) sur les cotisations des retraités d'aujourd'hui ». Elle démentait ainsi une information du quotidien Les Echos selon laquelle l'organisation patronale souhaitait engager une réflexion sur ce point.

Relevant que « le taux de cotisation, salariés plus employeurs, a doublé entre les années 60 et aujourd'hui » pour passer « de 8% à plus de 16% » pour la vieillesse, la présidente du Medef s'est demandée « s'il n'y a pas un plafond de cotisation à envisager ». C'est pourquoi « les scénarios qui imaginent des augmentations de cotisations ne nous semblent pas raisonnables », a-t-elle dit.

Mme Parisot a récusé implicitement tout alourdissement de la fiscalité sur les revenus financiers (plus-values boursières, stock-options...) en notant que « tout le fondement de notre système par répartition repose sur un mécanisme de cotisations liées au travail ». « Si on aborde le sujet sous l'angle de la fiscalité, c'est totalement un autre système qui est envisagé (...), un bouleversement considérable ».