« À économie strictement identique pour les finances publiques, la hausse de la CSG et la baisse du plafond de l'abattement concentrent l'effort sur la moitié supérieure de la distribution, tandis que la sous-indexation, même limitée aux pensions supérieures à la médiane, continue de peser sur des ménages relativement modestes. » Voici, en quelques lignes, les conclusions de l'IPP à propos des trois pistes d'économies budgétaires pour « mettre à contribution » les retraités en 2027.

Car l'équation est connue. Comme le souligne l'IPP, en écho à certains discours gouvernementaux, l'idée de faire participer les retraités à « l'effort » de redressement des dépenses publiques est « régulièrement exprimée ». En guise d'éléments de contexte, l'IPP rappelle dans sa note que les retraites constituent « le premier poste de la dépense publique, dont le vieillissement démographique tire largement la progression », et que « le niveau de vie moyen des retraités est aujourd'hui proche de celui de l'ensemble de la population, et leur taux de pauvreté est sensiblement plus faible ». Surtout, comme le rappelle l'IPP, le gouvernement « met explicitement » la suppression de l'abattement ou la désindexation en balance. Sous-entendu : faire des économies du côté des retraités en 2027 n'est pas une option, reste à savoir de quelle manière.

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L'apport de l'étude de l'IPP, c'est l'analyse de l'impact des trois mesures évoquées. Malgré un système de retraite globalement protecteur, les mesures d'économies évoquées n'ont pas toutes le même impact sur les retraités. Certaines ont notamment un impact négatif sur le portefeuille des retraités les plus modestes, alors que le gouvernement a promis de les préserver. L'IPP axe donc son étude sur le caractère redistributif des trois pistes d'économies.

Option 1 : le gel global des retraites de base en 2027

Une désindexation totale « aurait l'effet le plus fort » financièrement, en rapportant 5,5 milliards d'euros aux finances publiques, en net, estime l'IPP. Mais elle « produit un effet anti-redistributif », en tendant à pénaliser relativement plus les retraités modestes. « Les pertes relatives » de niveau de vie sont « comprises entre 0,8% et 1,5% » dans la moitié de la population la moins aisée, et diminuent ensuite « jusqu'à 0,4% » pour les retraités les plus aisés, souligne l'étude.

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Option 2 : jouer sur les taux de CSG

Par comparaison, un alignement partiel des taux de CSG des retraités sur celui des actifs pourrait rapporter 4,2 milliards d'euros, en centrant les pertes de niveau de vie sur les classes moyennes, les plus modestes et les plus riches étant relativement épargnés.

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Option 3 : supprimer l'abattement fiscal des retraités

Quant à la suppression de l'abattement fiscal de 4 439 euros sur les retraites, troisième scénario évoqué ces dernières semaines, elle rapporterait 5,4 milliards d'euros et « présenterait le profil le plus redistributif », à en croire les travaux de l'IPP.

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Dans ce scénario, en effet, les pertes relatives de niveau de vie iraient en augmentant avec le revenu, jusqu'au neuvième décile.

En revanche, des « mesures d'atténuation » seraient nécessaires pour compenser un effet de bord sur le calcul des aides au logement des plus modestes, note l'étude.

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Jouer partiellement sur les différentes options ? « La redistributivité s'améliore avec le seuil, mais de façon imparfaite »

L'étude évalue également un scénario où la désindexation des pensions ne serait effective qu'à partir de certains seuils de revenu (au-dessus de 1 639 euros - la médiane des pensions -, au-dessus de 2 000 euros, au-dessus de 3 000 euros). Dans ces hypothèses, « la redistributivité s'améliore avec le seuil, mais de façon imparfaite », estime l'étude.

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