« Apparemment, les garants vont remettre leur rapport au Premier ministre aujourd'hui (...) et ce rapport nous ne l'avons pas », a pointé Sophie Binet lors d'une rencontre organisée par l'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis).

Ce rapport, rédigé par les trois garants de cette conférence, le conseiller d'Etat honoraire Jean-Denis Combrexelle, le fondateur d'un cabinet de conseil en relations sociales, Pierre Ferracci, et l'ancienne ministre de droite Anne-Marie Couderc, doit être présenté vendredi aux partenaires sociaux.

Après la clôture des débats fin juillet, M. Combrexelle avait expliqué que le document final prendrait acte des consensus et dissensus sur les différents sujets et donnerait le point de vue des garants.

« Nous sommes extrêmement en colère sur la méthode employée et très inquiets sur le fond », a affirmé la numéro un de la CGT, rappelant que la conférence TER avait eu lieu « parce que les travailleurs et les travailleuses se sont mobilisés pendant plus de six mois pour dénoncer le vol de deux ans de vie par Emmanuel Macron », en référence au report de l'âge légal de départ en retraite de 62 à 64 ans.

« Nous n'avons pas pu discuter une ligne du rapport », a estimé Mme Binet. « La conférence sociale devait être un grand exercice de démocratie sociale, avec une méthode comme ça, pour la démocratie sociale, on reviendra ».

« Nous y sommes allés pour porter nos propositions pour financer l'abrogation » de la réforme des retraites de 2023, a-t-elle rappelé, dénonçant un sentiment d'« instrumentalisation de la conférence pour installer au contraire l'idée qu'il faudrait une nouvelle réforme des retraites pour encore dégrader la situation des travailleurs et des travailleuses ».

« Ce rapport n'engage que leurs auteurs ou peut-être le Medef, qui visiblement, alors qu'il avait boycotté la conférence, a joué un rôle important dans la rédaction du rapport puisque, d'après des éléments qu'ont pu nous donner les garants, des choses qui ne figuraient pas dans les discussions de la conférence TER vont pourtant se retrouver dans le rapport », comme les notions de capitalisation et d'âge d'équilibre.

Début septembre, la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon avait dit, également devant l'Ajis, penser que la restitution de cette conférence allait « intelligemment créer le lien entre les enjeux » de travail, d'emploi et de retraites.