A la recherche d'économie dans un contexte de comptes publics dans le rouge et de croissance en berne, le gouvernement ne souhaite pas à la fois financer l'indexation de l'ensemble des retraites et supporter la totalité de l'abattement fiscal pour frais professionnels dont disposent les retraités, a affirmé le ministre vendredi.

Impôt sur le revenu : supprimer l'abattement des retraités de 10%, l'une des options pour le budget 2027

Augmenter toutes les retraites à hauteur de l'inflation « implique de supprimer l'abattement à 10% pour frais professionnel à l'impôt sur le revenu dont bénéficient les retraités », a assuré David Amiel, faisant valoir que « l'indexation de l'ensemble des retraites sur l'inflation » coûterait « plus de 6 milliards d'euros l'an prochain », et que « de ces 6 milliards, on n'a pas aujourd'hui le premier euro ».

N'indexer qu'une partie des retraites

Une autre option serait de n'indexer « qu'une partie » des retraites, « les plus petites pensions par exemple », a affirmé David Amiel. « Mais ça implique de baisser très fortement » l'ensemble de cet abattement, « à l'euro près », a insisté le ministre, selon qui il est impossible de maintenir les deux dispositifs sans faire « exploser le déficit ».

« Ce qui est certain, c'est qu'il faudra choisir entre les deux, il ne peut pas y avoir de demi-mesure », a martelé David Amiel, précisant que le Premier ministre Sébastien Lecornu « arbitrera(it) ». Actuellement, l'ensemble des retraités diminuent de 10% leurs revenus déclarés, dans la limite de 4.000 euros.

Selon Bercy, cet abattement coûte 6 milliards aux finances publiques chaque année, soit le même montant qu'une indexation des retraites sur l'inflation. L'abattement « est une niche fiscale qui est assez orientée vers les retraites aisées », souligne-t-on à Bercy.

« Si je suis un retraité très aisé et que je suis dans la tranche d'impôts à 45%, quand on m'enlève des revenus de la base imposable, on m'enlève des revenus qui, normalement, auraient dû être taxés à 45% », a-t-on développé de même source.

« Si je suis dans une tranche plus basse, certes, on m'enlève des revenus imposables mais qui sont imposables à un taux moindre », l'économie d'impôt est donc plus faible, ajoute Bercy. Ces dernières années, la question de supprimer partiellement ou totalement cet abattement qui date de 1978 est revenue dans le débat. En 2025, la suppression figurait dans le Projet de loi de finance (PLF), avant d'être retoquée en commission à l'Assemblée nationale.

Sur Sud Radio, David Amiel a par ailleurs indiqué avoir proposé au Premier ministre « des réformes de certaines niches fiscales qui bénéficient uniquement aux plus fortunés », sans davantage de précision.