A gauche, on supprime. A droite, on garde. La réforme fiscale des revenus du capital menée par Emmanuel Macron crée un marqueur politique très clair. A quelques nuances près...

La flat tax, ou plutôt prélèvement forfaitaire unique, était l'une des principales mesures fiscales du « candidat Macron 2017 », aux côtés de la suppression de la taxe d'habitation pour une partie des ménages, entres autres. Depuis 2018, tous les revenus du capital – intérêts des livrets fiscalisés, dividendes, plus-values tirées d'un placement financier, etc. – sont imposés par défaut à 30% : 12,8% d'impôt sur le revenu et 17,2% de cotisations sociales.

Présidentielle Flat tax

Impôt sur le revenu : qui a intérêt à renoncer la flat tax ? (et comment la refuser)

On ne change rien ! Les partisans du statu quo

Emmanuel Macron. Logique : le président sortant ne va pas remettre en cause sa réforme de la fiscalité de l'épargne ! Désormais, le mot d'ordre de l'actuelle majorité présidentielle est la stabilité fiscale, comme l'a dit et répété Laurent Saint-Martin, rapporteur LREM du budget à l'Assemblée, face aux adhérents des associations d'épargnants Afer et Faider.

Marine Le Pen. « Je maintiens la flat tax à 30% sur les revenus du capital jusqu'à un plafond à déterminer. Au-delà, c'est l'imposition sur le revenu qui s'appliquera (...) », explique la candidate du Rassemblement national dans Le Parisien. En parallèle, pour « lutter contre la spéculation », elle veut créer un « impôt sur la fortune financière », sorte d'ISF revu et corrigé.

Valérie Pécresse. Aucune déclaration claire sur le sujet, y compris dans Les Echos où la question de la flat tax lui a expressément été posée, mais l'objectif global est clair : « réduire le taux de prélèvements obligatoires » et « favoriser » l'épargne. Pas de remise en cause de la flat tax au programme, donc.

Nicolas Dupont-Aignan. « Stabilité fiscale », et donc pas de remise en cause de la flat tax : voici la réponse du candidat de Debout La France aux Echos à ce sujet.

Stabilité... à confirmer

Eric Zemmour. « Joker » : c'est ainsi (plus précisément « pas de mesure annoncée à ce stade ») que l'équipe du candidat a répondu aux Echos à ce sujet. Mais il n'exprime par ailleurs aucune opposition notable à la flat tax. Bien au contraire. D'autant qu'il se distingue de sa concurrente d'extrême droite Marine Le Pen par un bien plus clair libéralisme économique en refusant tout retour de l'ISF.

On change tout ! Les partisans d'une fiscalité moins généreuse

Jean-Luc Mélenchon. La « Suppression de la flat tax » figure dans le candidat de La France insoumise aux côtés du renforcement de l'ISF, de la suppression « niches fiscales inutiles » et des 14 tranches fiscales afin de rendre l'impôt sur le revenu plus progressif.

Yannick Jadot. « Nous supprimerons la “flat tax” pour aligner les revenus du capital sur ceux du travail », détaille le programme du candidat écologique, et ce dans le cadre réforme d'un impôt sur revenu « plus juste » avec 13 tranches contre 5 aujourd'hui.

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Fabien Roussel. Le programme PCF est clair : « Le régime du prélèvement forfaitaire unique sera aboli [simultanément au rétablissement et triplement de l'ISF, NDLR]. »

Anne Hidalgo. « Je supprimerai la flat tax, répond la candidate PS au questionnaire des Echos. (...) Les dividendes, les placements à revenus fixes et les plus-values mobilières seront intégrés au revenu imposable et soumis au même barème que les salaires. »

Philippe Poutou. Le candidat du NPA affirme dans Les Echos vouloir « mettre fin au PFU qui, de fait, sort les revenus du capital du barème de l'impôt ».

Nathalie Arthaud. Oui... dans le cadre d'une très large refonte de tout le système fiscal avec priorité aux travailleurs. Dès que la candidate d'extrême gauche est interrogée sur le détail de son programme fiscal, elle renvoie à un renversement total des échelles et priorités. La flat tax n'y surviverait évidemment pas.

Opposition... à confirmer

Jean Lassalle. Il veut rétablir l'ISF mais n'évoque pas la flat tax dans son programme... Ses prises de position tendent toutefois plutôt du côté d'une opposition à cette fiscalité douce des revenus du capital financier. En 2019 à l'Assemblée nationale, il a dénoncé la suppression de l'ISF et des revenus du capital « très peu taxés », par rapport aux revenues du travail. Avant de clore par l'observation suivante visant le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, présent dans l'hémicycle : « Cet argent épargné par les plus riches ne profite pas à notre économie. »